Les populismes en Europe (5/9) : en Autriche, Heinz-Christian Strache, le nationalisme fréquentable

À deux mois des élections européennes, franceinfo tente de comprendre la montée des populismes en Europe. En Autriche, Heinz-Christian Strache, leader du FPÖ, cultive l’image d’un parti fréquentable.

Heinz-Christian Strache, à Seggauberg, le 5 janvier 2018.
Heinz-Christian Strache, à Seggauberg, le 5 janvier 2018. (ROLAND SCHLAGER / APA)

Heinz-Christian Strache est aujourd’hui vice-chancelier du pays, il dirige le FPÖ, le parti d’extrême droite, au pouvoir en Autriche aux côtés des conservateurs. Heinz-Christian Strache s’est largement inspiré de Jörg Haider, le défunt tribun populiste, qui fut son modèle avant de devenir son rival.

Sans toutefois commettre les mêmes erreurs que ce dernier : si Haider faisait scandale à cause de ses dérapages antisémites, Strache, lui, cultive une image de gouvernant et un ton plus modéré. La doctrine pourtant est sensiblement la même, à savoir dénoncer les dangers de l’immigration, de l’islamisation supposée de l’Autriche et lier quasiment tous les sujets à cette thématique.

Populisme Autriche
Populisme Autriche (IP3 PRESS/MAXPPP)

>> CARTE. Hongrie, Italie, Autriche... Où sont les populistes en Europe ?

Depuis qu’Heinz-Christian Strache a repris les rênes du FPÖ, en 2005, cette doctrine semble être devenue plus acceptable au fil des ans. Notamment depuis la crise des réfugiés de 2015, année où l’Autriche a reçu 90 000 demandes d’asile. Une crise instrumentalisée par le FPÖ : le parti d’extrême droite a, en effet, largement contribué au fait que la question migratoire devienne centrale et il en a profité.

En témoignent les succès électoraux du parti : un second tour d’élection présidentielle, perdu de peu en 2016 et 26% des voix aux législatives de 2017, un score qui a permis au parti d’être choisi par les conservateurs pour gouverner.

Une image lissée, mais les polémiques perdurent

Aujourd'hui, le fait d'être au gouvernement ne dessert pas le FPÖ, mais ça ne le favorise pas non plus. Le vrai gagnant, c’est plutôt Sebastian Kurz : le chancelier conservateur est bien plus populaire qu’Heinz-Christian Strache. Nombre d’observateurs pointent le fait que Sebastian Kurz a repris une partie du discours du FPÖ, notamment sur la question migratoire, mais le présente de manière plus acceptable.

Si le FPÖ a lissé son image, sur le fond, le parti continue de faire polémique. L’ONG SOS Mitmensch a ainsi recensé 20 campagnes racistes ou islamophobes relayées ces derniers mois par des membres du FPÖ et cela n’est pas sans conséquence sur l’opinion publique autrichienne.