Législatives 2022 : à quoi va ressembler le groupe RN à l'Assemblée nationale ?

Dimanche 19 juin, le Rassemblement national a réalisé une percée inédite à l’Assemblée nationale avec 89 députés élus. Parmi eux, 81 sont des petits nouveaux. Ils ont fait connaissance les uns avec les autres lundi soir en visioconférence, avant leur arrivée au Palais-Bourbon mercredi.

Article rédigé par
Hadrien Bect - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
De gauche à droite : Bénédicte Auzanot, Hervé De Lépinau, Joris Hébrard et Marie-France Lorho, nouveaux élus RN sont venus fêter leur victoire au siège départemental du RN à Carpentras, le 19 juin 2022. (VALERIE SUAU / MAXPPP)

"Les nouveaux visages que vous allez découvrir sont l'avant-garde de cette nouvelle élite politique qui prendra la responsabilité du pays lorsque l'aventure Macron aura pris fin !", s’est fièrement écriée Marine Le Pen, dimanche soir au boulodrome d'Hénin-Beaumon après le score historique des élus RN aux législatives : 89 députés élus. Du jamais vu.

>>  Carte Résultats des législatives 2022 : en passant de 8 à 89 députés, le Rassemblement national réalise une progression historique 

Un groupe pléthorique qui s'est réuni lundi 20 juin en fin de journée en visioconférence avec Marine Le Pen, leur présidente de groupe, pour faire connaissance avant leur entrée officielle à l’Assemblée nationale mercredi. Car parmi les 89 élus, 81 sont des petits nouveaux.

Politiquement, à quoi ressemble le groupe ?

Beaucoup des nouveaux députés sont des très proches de Marine Le Pen. En fait c'est quasiment tout l'état-major du RN qui est élu, même si ces noms sont inconnus du grand public : Franck Allisio dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Philippe Tanguy dans la Somme, Florence Goulet dans la Meuse... Tous sont des pièces maîtresses de l'équipe de campagne présidentielle de Marine Le Pen, sans oublier Caroline Parmentier dans le Pas-de-Calais, attachée de presse de l'ex-candidate et le trésorier du RN, Kévin Pfeffer élu en Moselle. Bref, autant dire que certains s'inquiètent déjà : un parti qui fonctionne avec une équipe déjà minuscule se retrouve avec une grande partie de ses cadres au Palais-Bourbon.

Si le dénominateur commun est donc Marine Le Pen, avec 89 députés, comment imaginer que des tendances, voire des chapelles ne vont pas apparaître, même si ce serait inédit dans un parti qui n'a pas exactement la culture du débat. Par exemple, Hervé de Lépinau, élu dans le Vaucluse, catholique, libéral conservateur et Pierre Meurin, élu dans le Gard, autrefois proche de Marion Maréchal, vont devoir s'entendre avec Bruno Bilde, du Pas-de-Calais, un laïcard émanant de la tendance sociale du RN. Et puis il y a aussi les affinités : il y a forcément des élus qui se connaissent, c'est possible qu'il y en ait qui se détestent et on voit régulièrement combien au RN, les groupes dans des communes, des régions, se font et se défont au gré des inimitiés. 

Une dizaine de vrais nouveaux issus de la société civile

Beaucoup des élus du RN avaient déjà des responsabilités locales : délégué départemental, conseiller municipal... Mais ils sont une bonne dizaine à être tout nouveaux en politique, principalement dans des circonscriptions jugées ingagnables. Il y a un chauffeur livreur dans l'Allier, un aide-soignant en Dordogne, une femme de ménage dans la Drôme... Des profils société civile, qui vont désormais siéger au Palais-Bourbon, des novices qu'il va falloir cornaquer pour éviter les dérapages, les prises de positions contradictoires sans quoi Marine Le Pen verrait battue en brèche sa stratégie affichée d'un groupe sérieux et crédible. 

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