Claude Guéant sera jugé en février 2022 pour "financement illicite" de sa campagne législative de 2012

L'ancien ministre est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre avec six autres personnes. Il comparaîtra aussi pour "escroquerie pour le remboursement de ses frais de campagne".

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Claude Guéant, le 30 septembre 2019 à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Un nouveau procès à venir pour Claude Guéant. L'ancien ministre, proche de Nicolas Sarkozy, sera jugé à Nanterre en février pour "financement illicite" de sa campagne législative de 2012, à cause de la diffusion d'un tract en sa faveur par le maire LR de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). L'homme incontournable de la présidence Sarkozy, âgé de 76 ans, est également renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "escroquerie pour le remboursement de ses frais de campagne".

Une enquête avait été ouverte en février 2014 et Claude Guéant avait été mis en examen en juillet 2017. Il est renvoyé devant le tribunal correctionnel avec six autres personnes, et l'audience aura lieu les 15 et 16 février 2022, a précisé son avocat, Philippe Bouchez El-Ghozi.

En janvier 2012, Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt et député sortant des Hauts-de-Seine, avait annoncé soutenir Claude Guéant pour lui succéder. Dans une lettre à ses administrés, il avait détaillé les raisons de son appui au ministre de l'Intérieur. Ce tract avait été dénoncé par le candidat dissident, Thierry Solère, qui soupçonnait Pierre-Christophe Baguet de l'avoir financé pour partie avec l'argent de la municipalité. L'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy avait été défait au second tour par Thierry Solère, aujourd'hui conseiller d'Emmanuel Macron.

Le maire de Boulogne reconnaît sa culpabilité

Contacté, Thierry Solère, qui a conservé son siège de député (aujourd'hui LREM) depuis sa victoire face à Claude Guéant, n'a pas souhaité faire de commentaire. Il avait dénoncé le tract mais ne s'était pas constitué partie civile.

De son côté, Pierre-Christophe Baguet, qui est toujours maire de Boulogne-Billancourt, a reconnu sa culpabilité et doit être jugé dans les prochaines semaines au cours d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française. Il reconnaît avoir inséré dans une page du bulletin municipal un message sur les élections législatives, contribuant de fait, selon les magistrats, à la campagne de Claude Guéant.

Actuellement jugé pour les sondages de l'Elysée

Ce nouveau procès pour Claude Guéant s'ajoute à celui des sondages payés par l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, pour lequel il comparaît actuellement à Paris pour "favoritisme" et "détournement de fonds publics par négligence". Il est aussi visé dans l'enquête sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. 

L'ancien grand commis de l'Etat, aujourd'hui retraité, a également été définitivement condamné en 2019 à deux ans d'emprisonnement, dont un ferme, 75 000 euros d'amende et une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans, dans le dossier des primes en liquide du ministère de l'Intérieur.

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