Élections législatives 2024 : un enjeu financier majeur pour les partis politiques

Le financement public des partis dépend majoritairement des élections législatives. Au final, un parlementaire va rapporter 37 000 euros à une formation politique, et une voix vaut environ 1,61 euro.
Article rédigé par Thomas Destelle
Radio France
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Illustration d'une urne lors d'une élection en France. (MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS / VIA AFP)

Des élections primordiales pour les caisses des partis. Après la dissolution de l'Assemblée nationale, les partis politiques ont dû travailler en urgence pour financer leur campagne pour ces législatives anticipées. Cette question financière a poussé certaines formations politiques à ne pas présenter de candidats. C'est le cas du Parti animaliste qui a annoncé faire l'impasse sur ce scrutin "au regard des conditions matérielles" de leur organisation.


Un choix qui n'est pas anodin, puisque le financement public des partis politiques est lié aux résultats des élections législatives. Les résultats vont en effet décider du montant que les partis recevront dans les années à venir de la part de l'État. Un financement public régi par les lois sur le financement de la vie politique de 1988 et 1990. Ces modalités poussaient les petits partis à s'organiser pour accéder à ce financement public soumis à des critères précis.

Des seuils déterminants

L'aide se décompose en deux parties. La première part est calculée selon le nombre de parlementaires élus (députés et sénateurs). L'autre part est estimée selon le nombre de voix obtenues. Pour y avoir droit, il faut que le parti politique obtienne 1% dans au moins 50 circonscriptions. Si ce seuil est dépassé, chaque bulletin va rapporter de l’argent aux partis.

Ce seuil des 50 circonscriptions est parfois décisif lors des accords entre partis et peut expliquer les négociations entre partis autour des circonscriptions considérées comme "gagnables" ou où un score honorable est atteignable. À noter qu'une partie de la dotation peut aussi être retirée en cas de non-respect de l'équilibre entre le nombre d'hommes et de femmes candidats. En 2024, un parlementaire rapportait 37 119,28 euros, et une voix environ 1,61 euro.

Au total, 32 026 052,70 euros ont été versés au titre des résultats électoraux, et 34 186 858,85 selon le nombre d'élus. Grâce à ses résultats électoraux, le groupe Ensemble pour la majorité présidentielle - avec notamment Renaissance (ex-LREM), MoDem et Horizons - s'en sort le mieux avec près 19,5 millions d'euros. Suivi à la seconde place par le Rassemblement national avec 10,2 millions d'euros et Les Républicains avec 9,5 millions d'euros.

Des chiffres proches de ceux de 2023 pour l'ensemble des formations politiques. Le Parti socialiste et Europe écologie-Les Verts profitent de leurs résultats aux dernières sénatoriales leur permettant de gagner des sièges au palais du Luxembourg et donc un financement public plus important. Même s'il n'a pas réussi à faire élire de député, le parti Reconquête touche près de 1,6 million d'euros.

En raison du non-respect des règles de la parité, Les Républicains se voient retirer près de 1,3 million d'euros. Le parti de droite a en effet présenté 157 femmes contre 256 hommes. Avec 264 candidates contre 284 candidats, Ensemble pour la majorité présidentielle se voit amputer plus de 510 000 euros. Quant aux Ecologistes-EELV, 78 000 euros ont été enlevés sur leur dotation mais cette fois parce qu'il a présenté trop de femmes (54) par rapport aux hommes (51).

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