La SNCF met en vente des billets soldés, pour tenter de remplir à nouveau ses trains

Si le trafic des trains est revenu à 100%, le taux d'occupation moyen dépasse à peine les 50% en juillet, autour de 30% en août.

Un TGV en gare du Nord, à Paris (illustration).
Un TGV en gare du Nord, à Paris (illustration). (AURÉLIEN ACCART / RADIO FRANCE)

Un petit goût de soldes d'été avant l'heure à la SNCF : la compagnie met en vente mercredi 1er juillet, jeudi 2 et vendredi 3 des billets de TGV à partir de 30 euros, sur toutes les destinations phares des vacances, pour des départs en juillet-août. Une opération commerciale inédite à cette période, alors que la fréquentation des trains reste inférieure à ce qu'elle était avant l'épidémie de coronavirus.

Le trafic des trains est annoncé à 100%, mais le taux d'occupation moyen dépasse à peine les 50% en juillet, autour de 30% en août. Les TGV ne font toujours pas le plein avant le début des vacances scolaires samedi. La situation s'améliore quand même, à en croire la SNCF, mais les réservations se concentrent surtout sur les premiers week-ends de juillet. "Sur les week-ends, on est à plus de 70% de taux de remplissage, entre 70% et 80%, assure Alain Krakovitch, le directeur de Voyages SNCF. Évidemment ça dépend des destinations, Sud-Est, Sud-Ouest, Atlantique et Bretagne, c'est là où on a les taux d'occupation les plus forts."

Alain Krakovitch évoque par ailleurs une sorte de retard dans l'achat de billets : "Comme les Français ont été plus attentistes et qu'ils n'avaient pas la possibilité de programmer leurs vacances, ils réservent encore plus au dernier moment que l'année dernière."

Une évolution des voyages professionnels

L'enjeu est de taille pour la SNCF : elle perd de l'argent sur chaque TGV qui circule avec moins de 70% des places occupées. Si la politique des promos peut gonfler les chiffres et séduire des voyageurs pour des départs en week-ends ou en vacances, la grande inconnue demeure le comportement de la clientèle dite "affaires", à partir de la rentrée. Ces cadres ou travailleurs indépendants, qui représentent 40% de la fréquentation habituelle et qui pratiquent encore aujourd'hui massivement le télétravail et les visioconférences.

Mais le directeur de Voyages SNCF veut croire à une autre conséquence potentielle de cette période post-confinement, qui pourrait venir équilibrer cette perte de recettes : "Le constat qu'on fait, c'est qu'il y a des gens qui commencent à vendre leur appartement à Paris, ou en tout cas cherchent des maisons à 400 ou 500 kilomètres et envisagent de venir deux fois par semaine à Paris. C'est des clients qu'on n'avait pas, parce que c'est des gens qui prenaient le métro ou le RER pour aller travailler tous les jours, et qu'on aura peut-être deux fois par semaine dans nos trains."