Grève à la SNCF : "Tous les mois dans le rouge", les cheminots souhaitent "arracher" des augmentations de salaires

Des hausses de salaires : c'est ce que demandent les cheminots en grève ce mercredi à la SNCF. Ils dénoncent des tâches qui s'accumulent et une grille de rémunération bloquée depuis de trop nombreuses années.

Article rédigé par
Valentin Houinato - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
 Selon les prévisions de la SNCF, deux TER sur cinq seront en circulation mercredi. (2 janvier 2020). (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Au bout du quai N de la gare de Lyon, à Paris, dans les locaux du syndicat Sud-Rail, les discussions tournent autour de la grève du mercredi 6 juillet, des raisons de ce mouvement social lancé à l'appel de la CGT, de Sud-Rail et de la CFDT, mais aussi du quotidien de plus en plus pénible pour les agents."On a encore eu pas mal d'agressions, déplore Fabien, agent commercial. Le matin, on se dit : qu'est ce qui va nous arriver ? Ce que subissent les voyageurs, on le subit également au quotidien. Les retards, les incidents divers, ça devient pénible psychologiquement ou physiquement. On est obligés de courir pour effectuer nos missions. Avant, on avait la possibilité de prendre le temps d'informer réellement le voyageur. Maintenant, en fait, non, c'est la productivité à tout va."

Les tâches s'accumulent à la SNCF sans augmentation de salaires en contrepartie. Fabien fait le compte sur sa fiche de paye. "Sur mon traitement de base, je suis toujours au-dessous du smic et ce sont mes primes qui viennent compenser." Cette situation perdure malgré ses neuf ans d'ancienneté. Les primes varient chaque mois selon les heures de nuit par exemple. "On sait que tous les mois, on termine dans le rouge, voire au milieu du mois."

Des augmentations plutôt que des primes

Une table ronde doit rassembler la direction et les syndicats mercredi dès 9 heures. Selon les prévisions de la SNCF, deux TER sur cinq seront en circulation, trois TGV sur quatre sur les axes Nord, Est et Atlantique, contre quatre sur cinq sur le Sud-Est. Deux Ouigo sur trois circuleront contre un Intercités sur trois en journée. Le trafic international sera lui normal.

"Ce qu'il faut savoir, affirme Fabien Villedieu, délégué Sud-Rail et conducteur sur la ligne D du RER, c'est que la grille de rémunération de la SNCF n'a pas bougé depuis 2014. Cela fait huit ans qu'elle est bloquée. On veut aller arracher non pas des primes, mais des augmentations générales de salaires. C'est bon pour nous, et aussi pour l'attractivité de la SNCF."

"La SNCF n'arrive plus à recruter et possède un turnover de dingue ! Il y a des cheminots qui se barrent de la SNCF. Ce n'est pas un plaisir de faire grève. Je ne me lève pas à trois ou quatre heures du matin pour embêter les gens."

Fabien Villedieu

à franceinfo

"Si on avait d'autres solutions, moi je suis preneur ! ", conclut ce délégué Sud-Rail. Pour l'instant, il n'est pas prévu que la grève soit reconduite.

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