Affaire des chibanis marocains : la SNCF condamnée pour discrimination

La SNCF a été condamnée, lundi 21 septembre, pour discrimination envers des centaines de cheminots embauchés directement au Maroc dans les années 1970. Chacun devrait toucher en moyenne 200 000 euros.

France 3

Des sourires, des embrassades, et surtout, le "V" de la victoire. Les salariés de la SNCF d'origine marocaine viennent de gagner leur action en justice contre la compagnie, accusée de discrimination.

Ce sont les chibanis, ce qui signifie "cheveux blancs" en arabe, car tous sont âgés de plus de 60 ans. Ils dénoncent des différences de traitement qu'ils ont subies pendant toute leur carrière en raison de leur origine : un statut de contractuel particulier qui les a obligés à prendre leur retraite cinq à dix ans plus tard que leurs collègues cheminots français, pour un salaire inférieur parfois de 50%, et un cantonnement aux tâches les plus difficiles.

"Une véritable récompense morale"

"C'est une bonne décision", assure un chibani au micro de France 3. "Une grande pensée pour tous ceux qui sont décédés", ajoute une fille de chibani.
Ce lundi matin, 650 requêtes de Chibanis sur 832 ont été jugées recevables. La compagnie ferroviaire devra verser en moyenne 200 000 euros à chacun, et jusqu'à 400 000 euros pour certains.

"Il y a une véritable récompense morale aussi", affirme Me Clélie De Lesquen, avocate des chibanis. Embauchés directement au Maroc pendant les années 1970 pour le lessivage des trains ou le triage des wagons, les chibanis ont pour la plupart obtenu la nationalité française depuis longtemps.
 

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Le siège de la SNCF, le 15 juillet 2015. 
Le siège de la SNCF, le 15 juillet 2015.  (MARTIN BUREAU / AFP)