40 ans du TGV : "Les gens étaient éberlués", raconte un cheminot qui a connu les débuts du train à grande vitesse

Le train à grande vitesse, qui fête en grandes pompes son quarantième anniversaire vendredi, reste un symbole pour les cheminots, particulièrement pour les plus anciens.

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"Patrick", le premier TGV mis en service en gare de Lyon à Paris, il y a 40 ans, le 22 septembre 1981. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le train à grande vitesse fête ses 40 ans vendredi 17 septembre. Jean-Marie Grimler en garde des souvenirs très vifs. Le cheminot est entré à la SNCF au début de l'année 1982, à la maintenance des freins du TGV. Pas d'images en noir et blanc mais en orange, la couleur historique des premières rames de TGV. "Les premiers jours où j'ai eu la chance de monter en cabine, je n'y croyais pas. Ce n'est pas vrai, je travaille dans la commande de freins du TGV. C'est extraordinaire."

Il le mesure encore aujourd'hui : le TGV représentait à l'époque un mélange de révolution technologique et de fierté nationale. "À chaque fois qu'on parlait du chemin de fer, on me demandait 'mais vous travaillez sur le TGV ?' Les gens étaient éberlués. 'Vous travaillez sur le TGV, c'est extraordinaire ! Quel super train'". Jean-Marie Grimler est nostalgique de cette époque. "C'est vrai que c'était génial." 

"À l'époque, c'était un peu comme si on disait qu'on travaillait sur le Concorde."

Jean-Marie Grimler, cheminot depuis 1982

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Le cheminot n'a jamais décroché depuis, accompagnant l'extension du réseau à grande vitesse, qui compte maintenant 2 700 kilomètres de lignes. Ce passionné participe même avec des collègues, en dehors des heures de travail, à la rénovation de l'historique rame numéro 16, qui avait établi le record du monde de vitesse sur rails, en 1981. Elle est exposée à l'occasion de ce 40e anniversaire à la gare de Lyon à Paris. "C'est un marqueur tellement fort. Je devrais être en retraite aujourd'hui et je ne suis pas parti à cause de la rame 16. Le fait qu'on ait un groupe de bénévoles qui se soient monté pour continuer à faire la maintenance, oui, ça a été le déclic pour déchirer ma lettre et dire je ne pars pas."

Jean-Marie Grimler reste encore émerveillé, en constatant à quel point le TGV s'est imposé au cours des 40 dernières années. "On ne pensait même pas que les rames iraient plus loin que Lyon."

"On n'a jamais imaginé qu'un jour qu'on ferait un TGV Atlantique, un TGV Nord, qu'on irait sous la Manche, qu'on irait en Espagne. Inimaginable ! ."

Jean-Marie Grimler

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Pourtant, le TGV n'exerce plus désormais la même fascination que dans les années 1980, y compris auprès des cheminots, regrette Jean-Marie Grimler. "Aujourd'hui, nos agents qui travaillent sur le TGV, ma foi, travaillent sur un très bon matériel, un très, très beau train. Mais c'est devenu lambda." La SNCF ne sera d'ailleurs bientôt plus la seule à faire circuler des trains à grande vitesse en France, puisque l'italien Thello devrait se lancer d'ici la fin de l'année sur la ligne Paris-Lyon, 40 ans donc après le premier TGV sur cette même ligne. 

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