XL Airways : le syndicat FO d'Air France dénonce "le jeu de la concurrence déloyale" qui frappe les compagnies aériennes françaises

Le secrétaire général du syndicat Christophe Malloggi s'inquiète pour le transport aérien français, alors que la compagnie XL Airways a demandé son placement en redressement judiciaire ce jeudi. 

Un avion de la compagnie aérienne française XL Airways, en 2012 à l\'aéroport Marseille-Provence. 
Un avion de la compagnie aérienne française XL Airways, en 2012 à l'aéroport Marseille-Provence.  (SERGE GUEROULT / MAXPPP)

"Ça a été un électrochoc", a réagi vendredi 20 septembre auprès de franceinfo Christophe Malloggi, secrétaire général du syndicat FO pour le sol chez Air France, alors que la compagnie aérienne française XL Airways a demandé jeudi 19 septembre son placement en redressement judiciaire. L'entreprise a mené en vain depuis 2018 des discussions avec plusieurs repreneurs potentiels dont Air France.

Après cette annonce de XL Airways, et quelques jours après le placement en liquidation judiciaire d'une autre entreprise française, Aigle Azur, Christophe Malloggi s'inquiète pour le transport aérien français dans son ensemble.

Ça fait des années qu'on alerte le gouvernement sur l'absence de vision stratégique de protection du pavillon françaisChristophe Malloggi, secrétaire général du syndicat FO d'Air Franceà franceinfo

"Le transport aérien ne peut pas rester la vache à lait de l'État"

"Le jeu de la concurrence déloyale amène aujourd'hui à baisser les tarifs et à mettre les compagnies français dans une situation très compliquée. Ça fait plusieurs années que les directions des compagnies et les syndicats de tous bords, essaient de démontrer à nos députés et à nos gouvernants que le transport aérien ne peut pas rester la vache à lait de l'État. Il amène une grande richesse. C'est un pavillon qui flotte partout dans le monde. C'est une industrie qui subit la taxe de concurrence déloyale de compagnies du Golfe et de compagnies aidées par des fonds publics", a-t-il regretté.

XL Airways, spécialisée dans la desserte des Caraïbes, de La Réunion, des États-Unis et du bassin méditerranéen, emploie quelque 570 collaborateurs. "Nous sommes très inquiets pour le personnel et leurs familles. Les gens travaillent les dimanches, les jours fériés, les nuits, ils sont très engagés mais retrouver aujourd'hui du boulot, quand on voit la concurrence des compagnies qui amène des niveaux de salaire beaucoup plus bas que ce qu'on peut connaître, ça peut être très compliqué pour eux", a-t-il déploré.