VIDEO. Pouvoir d'achat : la majorité a fait "l'erreur" d'avoir été "trop intelligente, trop subtile", selon le patron des députés LREM

Sur Twitter, Gilles Le Gendre s'est dit "désolé" d'avoir choqué par ces mots "sortis de leur contexte", selon lui.

Gilles Le Gendre, lors d\'une session de questions au gouvernement, à l\'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018. 
Gilles Le Gendre, lors d'une session de questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018.  (THOMAS SAMSON / AFP)

La majorité a-t-elle commis des erreurs qui auraient favorisé la naissance du mouvement des "gilets jaunes" ? Interrogé par Public Sénat, lundi 17 décembre, Gilles Le Gendre, président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, en a reconnu deux. 

"Nous avons insuffisamment expliqué ce que nous faisons (...) Il faut le faire mieux, il faut le faire plus. Il faut le faire en étant plus proches de ce que les Français attendent", a déclaré le patron des députés LREM.

Il a reconnu une "deuxième erreur" : "Le fait d'avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques dans les mesures de pouvoir d'achat. Nous avons saucissonné toutes les mesures favorables de pouvoir d'achat dans le temps. C'était justifié par la situation des finances publiques mais, manifestement, ça n'a pas été compris." 

Le journaliste de Public Sénat invite alors Gilles Le Gendre à préciser sa déclaration : "Quand vous dites 'trop intelligents', ça veut dire quoi : que les Français ne sont pas capables de l'intégrer ?" Le patron des députés LREM développe : "Quand vous expliquez que les charges sociales vont baisser en deux fois, que la taxe d'habitation va baisser pour 80% des Français mais que pour ces 80% ça se fera en trois fois, etc., manifestement, vous perdez tout l'effet positif des mesures de pouvoir d'achat. Nous avons ensemble une responsabilité, c'est d'expliquer, expliquer, expliquer la complexité du monde."

"Mépris" et "manque de modestie"

Cette déclaration a beaucoup fait réagir sur Twitter, certains dénonçant le "mépris" de Gilles Le Gendre. De leur côté, Boris Vallaud, député PS, et Ian Brossat, adjoint PCF à la maire de Paris, ont pointé le manque de modestie du patron des députés LREM. 

Quelques heures plus tard, Gilles Le Gendre a présenté ses excuses : "Désolé, sincèrement, si j'en ai choqué certains." Par "trop intelligents", il explique avoir voulu dire que la majorité avait pris des mesures "trop techniques" et "trop compliquées". Il a par ailleurs estimé que ses propos avaient été "sortis de leur contexte".