Le "gilet jaune" blessé à l’œil samedi porte plainte contre le préfet de police

Selon Mediapart, Manuel T. a porté plainte contre X pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation par personne dépositaire de l’autorité publique" et contre le préfet Didier Lallement pour "atteinte à la liberté individuelle" et "complicité de violences volontaires aggravées".

Manuel T. au moment où il a reçu un projectile dans l\'œil gauche, place d\'Italie à Paris, le 16 novembre 2019.
Manuel T. au moment où il a reçu un projectile dans l'œil gauche, place d'Italie à Paris, le 16 novembre 2019. ((CAPTURE ECRAN / TWITTER))

"Pourquoi les policiers ont-ils tiré sur moi alors que je manifestais de façon pacifique ?" s'interroge, mercredi 20 novembre, dans Mediapart Manuel T., le "gilet jaune" grièvement blessé à l'œil samedi à Paris par un projectile probablement tiré par la police. Selon le site d'investigation, le quarantenaire a porté plainte contre X pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation par personne dépositaire de l’autorité publique" et contre le préfet Didier Lallement pour "atteinte à la liberté individuelle" et "complicité de violences volontaires aggravées ". Son avocat, Arié Alimi, demande la désignation d'un juge d'instruction.

Il refuse d'être auditionné par l'IGPN

"J’ai perdu l’œil mais pas la mémoire hélas, et je revois continuellement le moment où la grenade arrive, mais c’était trop tard, je ne pouvais rien faire. Ma vie est au point mort", raconte Manuel T., qui travaillait comme ouvrier intérimaire avant cette blessure. Il a refusé, mercredi, d'être auditionné par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) chargée de l'enquête judiciaire. D'après Arié Alimi, "son client refuse d'être auditionné" par ce service en raison, selon lui, de "la partialité de l'IGPN qui étouffe les affaires de violences policières".

"Nous n’étions déjà pas grand-chose pour ce gouvernement et ses ministres. Ils achèvent les ouvriers qui, comme moi, veulent juste vivre dignement. Ils m’ont fait taire et m’ont anéanti", conclut Manuel T.