Policiers : la prime de 300 euros est "manifestement insuffisante car elle ne couvre pas tout le monde", estime un syndicat

Elle ne toucherait que 110 000 fonctionnaires, soit près de "45 000 oubliés", calcule Daniel Chomette, le secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP-FO.

Daniel Chomette, le secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP-FO, le 2 octobre 2012 à Echirolles.
Daniel Chomette, le secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP-FO, le 2 octobre 2012 à Echirolles. (MAXPPP)

"La prime est manifestement insuffisante car elle ne couvre pas tout le monde", déplore mardi 18 décembre sur franceinfo Daniel Chomette, le secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP-FO, majoritaire depuis les dernières élections. Le gouvernement a proposé une prime de 300 euros qui devrait bénéficier à 111 000 fonctionnaires, pour un coût total d'environ 33 millions d'euros.

Trop d'oubliés

C'est un "geste" reconnaît Daniel Chomette mais seulement pour "ceux qui percevront la prime". "On est sur une base de 110 000 [bénéficiaires] environ pour les policiers et gendarmes, donc on va dire 55 000 pour les seuls policiers, alors qu'il y a 105 000 gardiens de la paix dont une énorme majorité a été investie sur les 'gilets jaunes', puisqu'on a mis tous les effectifs sur le terrain. Et on a à peu près 40 000 ou 45 000 collègues qui seront oubliés. Ça ne fera absolument pas l'unanimité, c'est manifestement insuffisant".

24 millions d'heures supplémentaires non payées

"Ce qui nous intéresse, ce sont des chantiers plus importants", poursuit Daniel Chomette, et notamment "24 millions d'heures supplémentaires dans la police qu'il faut absolument solder. Nos collègues ne peuvent pas prendre ces heures ou se les faire payer donc il faut s'engager tout de suite avec un plan extrêmement précis sur le paiement de ces heures supplémentaires."

Daniel Chomette demande également la réévaluation de l'allocation de méprise, "pour les gradés et gardiens de la paix sur la voie publique qui ont eu à gérer le mouvement des 'gilets jaunes' et les affaires de terrorisme""Nous demandons à minima qu'elle soit réévaluée à hauteur de 50%, ce qui nous amène autour de 110 à 150 euros de plus par mois selon les organisations syndicales. Sur ce geste-là, nous demandons à être entendus dès le 1er janvier 2019."