Policiers en colère : le gouvernement propose une prime de 300 euros pour les forces de l'ordre mobilisées face aux gilets jaunes

Un amendement déposé par le gouvernement propose que cette prime soit versée à 111 000 militaires et policiers, et une prime de 200 euros est promise aux agents des préfectures.

Des policiers montés font face à des \"gilets jaunes\" lors d\'une manifestation à Paris, le 15 décembre 2018.
Des policiers montés font face à des "gilets jaunes" lors d'une manifestation à Paris, le 15 décembre 2018. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Au lendemain des annonces des syndicats, le gouvernement propose un geste en direction des policiers. Dans un amendement au projet de budget 2019, déposé mardi 18 décembre, il propose le versement d'une prime de 300 euros aux 111 000 policiers et militaires qui sont intervenus lors de manifestations et actions depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

Dans un second amendement, le gouvernement propose également une prime de 200 euros à 5 000 agents des préfectures qui ont participé à ces mêmes opérations.

"Devant cet engagement exceptionnel" de la part des forces de l'ordre, "le Président de la République a souhaité que des mesures elles aussi exceptionnelles puissent être prises. Pour traduire la reconnaissance de la République à ceux qui n’ont compté ni leur temps, ni leurs efforts, devant une situation sans précédent", justifie le texte du premier amendement.

Des primes qui coûteraient 34,3 millions d'euros

Pour financer ces deux primes, le gouvernement demande aux députés d'approuver une hausse de 33,3 millions d'euros des crédits attribués à la sécurité, et de 1 millions d'euros pour les crédits attribués aux agents des préfectures.

Cette prime est annoncée alors que les syndicats de policiers Unsa-Police et Alliance appellent au service minimum respectivement mardi et mercredi, et que Unité-SGP-FO menace de manifester en janvier. Ils réclament des efforts budgétaires, et déplorent notamment le non-paiement des heures supplémentaires aux policiers.

Mardi, Christophe Castaner a affirmé vouloir "ouvrir ce chantier" et évoqué une dette de "presque 275 millions d'euros" de l'Etat envers les policiers, mais expliqué que trouver une solution "prendra un peu de temps". Le ministre de l'Intérieur doit recevoir les trois syndicats mardi soir.