Cet article date de plus d'un an.

La dégradation des radars pointée après la hausse des accidents mortels : "Il y a une forme de sentiment de carnaval, les règles sont suspendues"

Le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, estime que les Français "ne font plus attention" sur la route.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Un radar vandalisé par des "gilets jaunes" près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), novembre 2018. (SÉBASTIEN BERRIOT / FRANCE-BLEU ROUSSILLON)

"Il y a, passez-moi l'expression, une forme de sentiment de carnaval : les règles sont suspendues", a estimé jeudi 28 mars sur franceinfo Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, alors que la Sécurité routière pointe du doigt les destructions de radars comme l'une des causes de la hausse du nombre d'accidents mortels en février (+17,1% par rapport à février 2018).

"Ce ne sont pas des grands excès de vitesse, les Français sont des gens raisonnables : c’est juste qu’ils ne font plus attention", a jugé le délégué interministériel. "Des millions de gens tiennent le même raisonnement, sur des milliards de kilomètres parcourus : cela fait mécaniquement de la mortalité. La sécurité routière est une science statistique."

Il y a un lien simple : depuis la mi-novembre les radars ont été fortement dégradés, détruits. Près de 75% du parc a un moment ou à un autre été touché, cherchez l’erreur.

Emmanuel Barbe

à franceinfo

"On a détruit un instrument qui permettait de réguler les comportements. Il y aura peut-être d’autres causes à la marge de cette augmentation mais 37 morts sur un mois, ce n’est pas quelque chose qu’on peut regarder benoîtement en se disant que l’on va passer à autre chose le lendemain", a poursuivi Emmanuel Barbe.

"Nous allons essayer de réparer le plus rapidement ou de remplacer les radars qui ont été détruits. C’est un vrai défi logistique parce qu’il faut coordonner beaucoup d’entreprises et de pouvoirs publics", a-t-il souligné. "Nous avons multiplié les équipes. Malheureusement assez souvent dès qu’on a nettoyé un radar, deux jours après ça recommence comme si des gens étaient cachés dans les buissons pour faire ça."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.