"Gilets jaunes" : le dispositif policier pour la manifestation de samedi à Paris fuite sur internet, une enquête ouverte

Le parquet de Paris indique à franceinfo que les investigatons ont été confiées à la brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information.

Des policiers dans des véhicules blindés devant l\'Arc de triomphe à Paris, le 8 décembre 2018.
Des policiers dans des véhicules blindés devant l'Arc de triomphe à Paris, le 8 décembre 2018. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Le document n'est pas classé secret-défense, mais il est sensible. Après la fuite de la note sur le dispositif de sécurité prévu pour la quatrième manifestation des "gilets jaunes" à Paris, une enquête judiciaire a été ouverte, annonce, samedi 8 décembre, le parquet de Paris à franceinfo, confirmant une information du Parisien. Cette enquête, dont l'objectif est d'identifier l'origine de cette divulgation, a été confiée à la brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information.

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La note a été diffusée sur un forum et sur les réseaux sociaux dans la soirée de vendredi. Elle a vraisemblablement été rédigée par le chef de la direction de la sécurité et de proximité de l’agglomération (DSPAP) de la préfecture de police de Paris.

"A minima une anomalie"

"Ce texte, qui présente toutes les caractéristiques officielles et fait référence à des sigles et hiérarques policiers précis, détaille une partie du dispositif de sécurité prévu ce samedi dans la capitale pour l’acte 4 des 'gilets jaunes'", précise Le Parisien, qui affirme que ce document "n’a que très peu circulé en interne". Plus dérangeant, le quotidien ajoute qu'il comporte "en annexe" le nom des "individus qui ont l'interdiction de se rendre à Paris". 

Toutefois, dans une interview accordée sur Facebook à Brut et diffusée sur franceinfo, le ministre de l'Intérieur a relativisé ces "fuites". Christophe Castaner a évoqué des "documents administratifs" envoyés à plus de 2 000 policiers parisiens, et donc peu confidentiels, avant de reconnaître qu'il n'était tout de même "pas normal qu'ils se retrouvent en ligne." C'est "a minima une anomalie" sur laquelle le ministre de l'Intérieur a demandé une enquête administrative, afin de comprendre comment ces documents ont pu se retrouver sur les réseaux sociaux.

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