"Gilets jaunes" : Pour l'une des figures du mouvement, Benjamin Cauchy, "nous sommes à deux doigts d'une insurrection"

Au lendemain d'une nouvelle journée de manifestations, marquée par des violences inédites dans la capitale, un collectif de "gilets jaunes" appelle dans le "Journal du dimanche" le gouvernement à négocier. Il y a urgence mais il n'est pas trop tard, estime Benjamin Cauchy.

Benjamin Cauchy, le 21 novembre 2018 à Toulouse
Benjamin Cauchy, le 21 novembre 2018 à Toulouse (PASCAL PAVANI / AFP)

Après la journée de manifestations de samedi, des "gilets jaunes" lancent un appel au gouvernement pour sortir de la crise "dans le respect des institutions", dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche. Sur franceinfo, Benjamin Cauchy, fondateur des "gilets jaunes libres", à Toulouse, a expliqué qu'il fallait "un électrochoc politique fort".

franceinfo : Quel sentiment domine ce matin ? Etes-vous consterné par ce qui s'est passé hier à Paris ?

Benjamin Cauchy : Oui, mais la capitale ce n'est pas la France. Nous sommes à deux doigts d'une insurrection. Il est vraiment temps que le gouvernement réagisse rapidement, nous avons besoin d'un électrochoc politique fort et c'est l'objet de cette tribune [dans le JDD] ce matin. C'est d'expliquer au gouvernement que 85% des Français sont d'accord avec les "gilets jaunes" et que 85% des Français ne sont pas pour la révolution, ni l'insurrection.

Vous demandez aux plus violents d'arrêter. Comment cela s'est-il passé à Toulouse ?

Cela a été plus calme [qu'à Paris], mais il y a également des "gilets jaunes" et des casseurs professionnels d'extrême gauche ou d'extrême droite qui ont envahi les rangs de ce cortège pacifique et qui ont entaché la qualité et la justesse des revendications. Ce mouvement, c'est pour avoir des avancées sociales, une justice fiscale qui permettent de taper là où il y a de l'argent, sur l'évasion fiscale et les grands groupes qui ne paient pas d'impôts en France.

Le gouvernement tient une réunion aujourd'hui. Est-il trop tard ?

Non, il n'est jamais trop tard lorsqu'on a vraiment envie de négocier. Il faut bien qu'ils comprennent qu'on est au bord de l'insurrection et que la seule solution sera le dialogue et la concertation. Nous attendons un électrochoc politique. Je pense être avec des milliers de "gilets jaunes" un rempart avant une dissolution de l'Assemblée nationale. Si le gouvernement ne change pas sa feuille de route, clairement la crispation va être de plus en plus forte.

Si le gouvernement décide d'un moratoire sur la hausse des taxes sur le diesel, cela sera-t-il suffisant pour apaiser la colère ?

Ce sera en tout cas un premier geste qui prouvera que le gouvernement entend le peuple et qu'il n'a pas envie que le pays dégénère. La surdité du gouvernement depuis plusieurs semaines entraîne la colère, entraîne la violence et ça pour le coup, la responsabilité incombe évidemment aux casseurs, mais également au gouvernement. Ce sera un premier geste, il ne suffira pas à calmer la colère des Français mais en tout état de cause il témoignera de la volonté du gouvernement d'entendre le peuple.