"Gilets jaunes" : les policiers craignent des violences urbaines "totalement inédites par leur ampleur", affirme un syndicat

Daid Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, dénonce "l'irresponsabilité" de certains responsables politiques.

Scène d\'émeutes urbaines à Marseille après les manifestations des gilets jaunes et du collectif du 5 novembre 2018. 
Scène d'émeutes urbaines à Marseille après les manifestations des gilets jaunes et du collectif du 5 novembre 2018.  (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

Le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale David Le Bars, a expliqué jeudi 6 décembre sur franceinfo que les forces de l'ordre s'attendaient samedi "à des évènements de violences urbaines, de guérilla urbaine" qui pourraient être "totalement inédits par leur ampleur". Il dénonce également, au nom des policiers, "l'irresponsabilité" de certains responsables politiques qui "mettent les forces de l'ordre face à des mouvements insurrectionnels".

"Il faut se préparer à la possibilité que des gens qui veulent secouer les institutions, casser du flic, casser des bâtiments, puissent venir et sans doute en nombre plus important que la semaine dernière", a estimé David Le Bars, avant d'avouer l'inquiétude et même la peur ressenties par les policiers.

Stratégies insurrectionnelles

"La peur, c'est un sentiment qui peut être partagé mais qui est également sain. Avoir peur, c'est avoir la lucidité de faire les bonnes manœuvres, d'employer la bonne stratégie, et ne pas faire n'importe quoi. La peur, ça se gère, mais il ne faut pas la nier, il faut en faire un élément de réflexion pour pouvoir adapter la stratégie aux évènements qui nous attendent", a précisé David Le Bars.

Nous allons avoir à faire à des évènements de violences urbaines, de guérilla urbaine, sans doute même des stratégies insurrectionnelles, totalement inédits par leur ampleur. C'est totalement inédit par le fait que ça va tomber sur la capitale mais aussi peut-être sur d'autres villes en FranceDavid Le BarsSecrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale

"Le seul point qui nous permette de nous préparer, c'est que souvent les violences urbaines partent d'un événement déclencheur et qu'on le subit. Là, depuis plusieurs jours, on est prévenus et il va falloir nous organiser pour y faire face", a-t-il ajouté.

Manque de moyens

Selon le secrétaire général du SCPN, "les policiers sont extrêmement sollicités, extrêmement fatigués", mais vont devoir faire face "pour qu'on ne bascule pas dans le chaos".

"Les policiers vont à nouveau être le rempart républicain samedi de ce qui risque d'être un événement majeur dans la vie de la nation. Il ne faut pas nier l'absence de matériel ou de moyens, mais il va falloir absolument faire face, garder du sang-froid, car les Français ont besoin de leurs forces de l'ordre pour qu'on ne bascule pas dans le chaos", a dit David Le Bars.

Le policier a également fait état du malaise ressenti dans les rangs des forces de l'ordre devant la situation politique du pays, et pointé la responsabilité de ceux qui soufflaient sur les braises de la révolte des "gilets jaunes".

"Il faudra que la nation soit rangée et soudée derrière ses forces de l'ordre"

"Pour les policiers, certains responsables politiques ne sont pas responsables et pour certains, ils sont mêmes irresponsables, a déploré David Le Bars. La querelle politique nous amène une fois de plus à mettre les forces de l'ordre face à des mouvements insurrectionnels, à défaut de règlement politique des conflits."

"Nous avons vu les députés se lever et rendre un hommage aux forces de l'ordre. Nous en avons vu certains qui ne se sont pas levés. Il faudra que la nation soit rangée et soudée derrière ses forces de l'ordre, comme elle l'a été après les évènements terroristes, parce que là il y a un vrai danger samedi, et dans les jours qui suivent", a également dit David Le Bars.