"Gilets jaunes" : l'allocution d'Emmanuel Macron critiquée par tous ses opposants... sauf à droite

Le président de la République s'est exprimé, lundi, pour tenter de répondre à la colère des "gilets jaunes". Ses annonces n'ont pas convaincu l'opposition. Seuls les Républicains ont réagi favorablement.

Marine Le Pen, présidente du FN (au centre), Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise (à droite) et Olivier Faure, le premier secrétaire du PS (à gauche), sur le plateau de France 2, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 17 mai 2018.
Marine Le Pen, présidente du FN (au centre), Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise (à droite) et Olivier Faure, le premier secrétaire du PS (à gauche), sur le plateau de France 2, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 17 mai 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

"Nous voulons une France où l'on peut vivre dignement de son travail." Emmanuel Macron a pris la parole, lundi 10 décembre, pour répondre aux "gilets jaunes". Le chef de l'Etat a fait plusieurs annonces comme une hausse du smic de 100 euros, un retour de la défiscalisation des heures supplémentaires et une annulation de la hausse de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2 000 euros par mois. Il a également écarté l'idée de rétablir l'impôt sur la fortune. Des mesures qui n'ont pas convaincu ses opposants, à l'exception notable des Républicains.

>> "Gilets jaunes" : regardez en intégralité l'allocution d'Emmanuel Macron

Pour les "insoumis", il faut un "acte 5"

"Les paroles prononcées par le président sont vaines. (...) L'acte 5 qui se jouera samedi prochain sera un moment de grande mobilisation", a déclaré Jean-Luc Mélenchon. Pour le leader de La France insoumise, le président "se trompe d'époque". "Le président a pensé qu'une distribution de monnaie suffirait à calmer l'insurrection citoyenne en cours", a-t-il lancé.

Pour le RN, "Macron recule pour mieux sauter"

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a réagi sur Twitter peu après l'allocution du chef de l'Etat. Elle s'est félicitée qu'Emmanuel Macron revienne sur ses "errements fiscaux", mais a jugé qu'il reste "champion" du "modèle" de la "mondialisation sauvage".

Les Républicains saluent "une victoire"

Guillaume Peltier, vice-président du parti Les Républicains, a de son côté affirmé qu'il n'était "pas déçu" par les annonces d'Emmanuel Macron. "Si nous nous plaçons du côté des Français, alors ce soir il y a une victoire pour les classes moyennes, pour les territoires", a-t-il déclaré, annonçant qu'il "votera pour" l'adaptation de ces mesures à l'Assemblée.

Pour le PS, "le cap n'est pas modifié"

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a réagi sur France 2 et a critiqué l'inflexibilité d'Emmanuel Macron. "Le cap n'est pas modifié. (...) Le nouveau monde, c'est quand même 'Retour vers le futur'", a-t-il ironisé. 

Pour Génération.s, "le compte n'y est pas"

Benoît Hamon, l'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2017, a réagi sur Twitter. "La lutte paye. Macron a bougé. Un peu. Trop peu. Car le compte n'y est pas, a-t-il écrit. On attendait un geste fort pour mettre à contribution, les banques, les entreprises polluantes, les grands actionnaires pour financer la transition écologique. Rien." Le leader de Génération.s a également cité François Mitterrand pour faire part de sa déception, condamnant les violences policières.

Pour le PCF, "le président des riches vacille"

Fabien Roussel, le chef de file du Parti communiste, a salué une "première victoire" pour les retraités. Mais une victoire insuffisante à ses yeux. "Le président des riches vacille mais les riches restent ses protégés, a-t-il poursuivi. La hausse du smic sera payée par nous ! Rien pour les petites retraites, rien pour les minima sociaux, rien pour les agents de nos services publics !"

Pour la CGT, "le président n'a rien compris"

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, n'a pas du tout été convaincu par le discours d'Emmanuel Macron. "C'est très loin de ce que nous demandions et il ne précise pas qui va payer", a-t-il déclaré sur franceinfo. "On épargne encore et toujours plus ceux qui ont beaucoup, énormément d'argent, en refusant de revenir sur la fiscalité et notamment sur l'impôt sur la fortune", a-t-il ajouté, appelant à une mobilisation vendredi 14 décembre conjointement aux "gilets jaunes".