Allocution d'Emmanuel Macron : "Le président de la République n'a rien compris ou ne veut pas comprendre", estime Philippe Martinez

Le secrétaire général de la CGT n'a pas été convaincu par le discours d'Emmanuel Macron lundi soir. Il appelle également à se mobiliser vendredi prochain. 

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, le 10 décembre lors de la réunion organisée par le chef de l\'Etat à L\'Elysée.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, le 10 décembre lors de la réunion organisée par le chef de l'Etat à L'Elysée. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures lundi 10 décembre, notamment la hausse du SMIC, la défiscalisation des heures supplémentaires et la suppression de la hausse de la CSG pour les retraités les plus modestes. Le président a également parlé d'un "état d'urgence sociale". Un discours et des mesures qui n'ont pas convaincu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, qui appelle à la mobilisation le 14 décembre.

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franceinfo : Qu'avez-vous pensé du discours d'Emmanuel Macron et de l'état d'urgence sociale ?

Philippe Martinez : Il en parle mais il n'agit pas. Le président de la République n'a rien compris ou ne veut rien comprendre de la colère qui s'exprime plus massivement ces dernières semaines, mais qui s'exprime depuis fort longtemps. Je l'avais déjà perçu lundi matin lors de la réunion. Il n'a rien compris ou ne veut pas comprendre et c'est grave.

Ces mesures ne sont pas à la hauteur ?

C'est rien ce qu'il propose. Il propose une hausse du SMIC de 100 euros. C'est très loin de ce que nous demandions et il ne précise pas qui va payer, puisqu'il dit que ce ne sera pas le patronat qui en supportera le coût. Alors qui ? Les citoyens ? Ce sont eux qui vont financer la hausse du SMIC ? Rien sur les autres salaires, rien sur les salaires des fonctionnaires.

La hausse de la CSG va être annulée en 2019 pour les retraités qui touchent moins de 2 000 euros par mois. Êtes-vous satisfait ?

Non seulement c'est pour une année, mais on n'annonce rien sur la revalorisation des pensions des retraités, or c'est ça qui est demandé. Rien sur les minima sociaux. Rien sur les jeunes. On est très loin du compte. On a un président de la République qui continue ses discours tels qu'on les connaît depuis 18 mois et qui ne prend pas en compte le profond mécontentement qui existe dans le pays.

Était-ce un virage social ?

Où est le virage social ? On épargne encore et toujours plus ceux qui ont beaucoup, énormément d'argent, en refusant de revenir sur la fiscalité et notamment sur l'impôt sur la fortune. Il dit qu'il va s'occuper de l'évasion fiscale, mais on entend ça depuis 18 mois. En contrepartie on continue à supprimer des fonctionnaires du ministère des Finances en charge du contrôle de l'évasion fiscale. Quand il parle des services publics, il se moque de nous. C'est lui qui les casse et il nous fait un couplet sur l'utilité des services publics.

Allez-vous aller aux concertations ?

Nous allons y aller mais de quoi allons-nous discuter puisqu'il a balayé d'un revers de main toute une série de propositions qu'a portées la CGT et d'autres lundi matin, mais que nous portons depuis plusieurs mois. Nous fermons la porte et nous appelons à se mobiliser vendredi prochain, 14 décembre. C'est un appel fort que fait la CGT, conjointement aux "gilets jaunes".