Fiscalité, écologie, citoyenneté, services publics... Ce qui ressort des premières remontées du grand débat

"Le Parisien" affirme, dimanche, avoir analysé plus de 330 000 propositions qui ont alimenté le site du grand débat national, entre le 22 janvier et le 2 mars.

Un citoyen navigue sur le site du grand débat, à Nantes, le 20 février 2019.
Un citoyen navigue sur le site du grand débat, à Nantes, le 20 février 2019. (JEREMIE LUSSEAU / HANS LUCAS/ AFP)

Le chantier est gigantesque, mais dans son édition du dimanche 10 mars, Le Parisien affirme avoir "disséqué les quelque 334 000 propositions données entre le 22 janvier et le 2 mars" sur le site du grand débat national créé un mois et demi après le début du mouvement des "gilets jaunes".

Quelque "160 000 internautes", affirme encore le journal, "ont répondu à un ou plusieurs des quatre formulaires, mélangeant questions ouvertes et fermées". Alors que le grand débat sera clos le 15 mars, que ressort-il de ces réponses ?

Le pouvoir d'achat et la fiscalité

Sans surprise, la problématique du pouvoir d'achat arrive en tête des préoccupations, et serait présente à hauteur de 34% dans les contributions analysées par le journal. Elle coïncide d'ailleurs avec l'origine de la révolte des "gilets jaunes", surgie après une hausse de la taxe sur les carburants.

Le sujet est étroitement lié à celui de la "fiscalité et des dépenses publiques", un des quatre grands thèmes retenus par l'exécutif dans l'organisation du débat (avec la transition écologique, la démocratie et l'organisation de l'Etat). Il y a, en matière de fiscalité, note Le Parisien, une "demande d'égalité", même s'il est peu fait mention du rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), revendication pourtant très présente sur les ronds-points tenus par les "gilets jaunes". En janvier 2019, Emmanuel Macron avait prévenu qu'il n'entendait pas se désavouer : "On ne va pas renoncer à une réforme d'il y a un an". Enfin, à la question "Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ?", 54% des personnes qui se sont exprimées répondent "oui".

La transition écologique

Les enjeux de la transition écologique (26%) apparaissent comme le second sujet de préoccupation, "avec un fort intérêt pour l’accès aux transports en commun et la gestion des déchets", souligne le journal. Un souci d'autant plus tangible que "seule la moitié" des contributeurs "indique avoir à disposition des alternatives à la voiture" individuelle. 

A la question "Diriez-vous que votre vie quotidienne est aujourd'hui touchée par le changement climatique ?", 60% des participants répondent que "oui", 30% que "non". Interrogés sur le sujet, quelque 85% pensent "pouvoir contribuer à protéger l'environnement", et 51% estiment qu'il existe "des solutions alternatives plus écologiques" par rapport à leur mode de chauffage.

La démocratie et la citoyenneté

Les "gilets jaunes" sont-ils aux abonnés absents du site granddebat.fr ? Certaines de leurs revendications majeures sont peu reprises dans les contributions. Ainsi est-il très peu fait mention, selon Le Parisien, du Référendum d'initiative citoyenne (RIC), pourtant réclamé tous les samedis dans les manifestations. En revanche les participants, écrit le journal, réclament "la réduction du nombre des élus (60%), ou un déclenchement plus aisé du Référendum d'initiative partagée (52%)", théoriquement applicable depuis 2015, mais dont la mise en œuvre est si compliquée qu'il n'a jamais été utilisé.

Ils veulent surtout, à 70%, "la comptabilisation du vote blanc". Celle-ci devrait être "abordée à l'occasion de la conférence qui se tiendra sur ce thème lundi 11 mars au ministère de la Justice avec les représentants d'associations représentatives de la société civile, d'associations d'élus et d'organisations syndicales et patronales", rapporte Le Monde.

L'organisation de l'Etat et des services publics

L'enthousiasme des participants semble moindre sur l'organisation de l'Etat et des services publics, qui soulève des questions assez techniques. Ils sont 51% à estimer "avoir accès aux services publics" dont ils ont besoin, contre un quart qui n'est pas de cet avis et un autre quart qui ne sait pas. Quelque 52% a "déjà utilisé" de "nouvelles formes de services publics" , mais seuls 15% de ces utilisateurs ont été satisfaits du service rendu (78% "ne savent pas", 7% sont mécontents).