Des "gilets jaunes" contre l'antisémitisme "pour qu'apparaissent des citoyens lambda qui manifestent contre tous les racismes"

Après les insultes antisémites proférées à l'encontre d'Alain Finkielkraut samedi à Paris, le président du "Conseil de la résistance des gilets jaunes" Kamel Amriou appelle les sympathisants du mouvement à se désolidariser de tous les appels à la violence et à la haine.

Kamel Amriou, le 6 mars 2013, à Paris.
Kamel Amriou, le 6 mars 2013, à Paris. (MAXPPP)

Kamel Amriou, président du "Conseil de la résistance des gilets jaunes", a appelé à un rassemblement contre l'antisémitisme à Paris lundi à 18 heures sur la place de la République pour dénoncer les insultes proférées à l'encontre d'Alain Finkielkraut par des "gilets jaunes" samedi à Paris.

franceinfo : Condamnez-vous les insultes antisémites proférées par des "gilets jaunes" à l'encontre d'Alain Finkielkraut ?

Kamel Amriou : Oui. Nous nous désolidarisons de tous ceux qui appellent à la violence, bien évidemment. C'est important de le dire aujourd'hui, mais on le dit depuis très longtemps : cette violence dessert la cause pour laquelle nous nous sommes les uns et les autres réunis, "gilets jaunes" ou pas. Cette volonté de certains de vouloir casser nous ennuie énormément. C'est pour ça que je veux condamner fortement ces actes. Je crois qu'il faut rappeler à la raison et je crois que tous les "gilets jaunes" doivent également être ceux qui protègent l'engagement des uns et des autres partout en France. [...]

Les personnes qui ont proféré ces insultes sont-elles encore des "gilets jaunes", à vos yeux ?

Nous condamnons ceux qui ont porté ce "gilet jaune" et proféré ces insultes. Ils n'ont rien à voir avec l'esprit, ce supplément d'âme, qui a été porté par tant de personnes. Il ne faut pas tout mélanger. Ces gens-là n'ont rien à voir avec l'esprit qui est né un jour et qui a permis à ce que la société soit interpellée, que les gens nous rejoignent, que l'opinion publique nous accorde un crédit. Et ce crédit, nous voulons le garder et c'est pour ça qu'on se bat. (...) Je reste optimiste et à l'image de ce que j'ai vu dimanche notamment en me rendant place Simone-Veil [dans le 7e arrondissement de Paris]. Je veux saluer Rebecca Narewsky qui a réuni 100 à 200 personnes, après avoir lancé sur Facebook un appel en hommage à Simone Veil. Ces citoyens lambda que personne ne connaît ont fait ça dimanche et c'est très important.

Pourquoi organiser votre propre rassemblement contre l'antisémitisme lundi et ne pas vous joindre aux appels des partis politiques et d'autres "gilets jaunes" mardi ?

Nous, c'est la société civile, des citoyens lambda. Et j'aime à dire que je ne cours après aucun poste et que je n'ai pas de bouquin à écrire. Le citoyen lambda n'est pas l'idiot utile de la République. J'ai été commerçant : je sais que les commerçants sont généralement plutôt libres le lundi. Je me rendrai également mardi à l'appel de ces gens à la manifestation, mais le lundi me semblait être un jour approprié et il fallait que s'expriment ces citoyens, cette société civile dont on parle tant. Il faut aussi qu'apparaissent dans notre paysage des citoyens lambda qui savent se prendre en main et manifestent contre l'antisémitisme et contre tous les racismes.