Annonces de Macron : "On ne peut pas réparer 40 ans en 18 mois", estime Muriel Pénicaud

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a réagi mardi matin sur France Inter aux annonces, la veille, du président de la République. 

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l\'issue d\'un Conseil des ministres au palais de l\'Eysée, le 21 novembre 2018. 
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'issue d'un Conseil des ministres au palais de l'Eysée, le 21 novembre 2018.  (ALAIN JOCARD / AFP)

"Le cap, c’est toujours l'emploi, la croissance, le travail, qu’on puisse vivre dignement de son travail. C’est ce qu’ont dit les 'gilets jaunes' depuis des semaines. Mais on ne peut pas réparer 40 ans en 18 mois. Donc en attendant, il faut accompagner plus sur le plan social", a indiqué la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, invitée de France Inter mardi 11 décembre dans la matinée, au lendemain de l'allocution présidentielle.

Sur la hausse "du salaire d'un travailleur au smic de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur" annoncée ce lundi soir par Emmanuel Macron, la ministre du Travail a expliqué qu'"il y aura une partie payée par les entreprise, le smic classique, qui augmentera de 1,8%, la plus grosse augmentation depuis 13 ans".

"On va beaucoup plus loin qu’un coup de pouce"

Le reste correspond à une hausse de la prime d'activité, touchée par 2,6 millions de personnes en France selon la ministre, qui sera payée "par l'État, par l'impôt". "On va beaucoup plus loin qu’un coup de pouce. La prime d'activité concerne beaucoup plus de gens que ceux qui sont au smic", affirme-t-elle. Muriel Pénicaud avait déclaré à la veille de l'allocution d'Emmanuel Macron qu'il n'y aurait pas de "coup de pouce" supplémentaire au smic au-delà de la hausse de 1,8% attendue en janvier.

"La prime d’activité ne vise pas juste les personnes au smic, elle va plus loin", a martelé Muriel Pénicaud. "C’est vraiment les travailleurs à revenus modestes, les classes populaires et les premières classes moyennes. Tous ceux qui travaillent, qui veulent la dignité du travail, c'est ceux-là qu’on encourage à travers la prime d’activité."