DIRECT. "Gilets jaunes" : Edouard Philippe veut que les salariés payés au smic "puissent bénéficier du fruit de leur travail"

Le Premier ministre rappelle l'augmentation prévue de 100 euros des salaires au niveau du smic.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, lors de la session de questions au gouvernement, le 11 décembre 2018 à l\'Assemblée.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, lors de la session de questions au gouvernement, le 11 décembre 2018 à l'Assemblée. (THOMAS SAMSON / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Après les annonces, l'heure est aux explications. Au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, durant laquelle le chef de l'Etat a annoncé une série de mesures économiques et sociales pour répondre au mouvement des "gilets jaunes", c'est au tour du Premier ministre de s'exprimer. Edouard Philippe est revenu, mardi 11 décembre, à l'Assemblée nationale, sur l'augmentation de 100 euros des salaires au niveau du smic, de l'exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros par mois et des heures supplémentaires payées "sans impôts ni charges".

La hausse de la prime d'activité accélérée. Le Sénat à majorité de droite a donné son feu vert au dispositif proposé par le gouvernement pour accélérer la hausse de la prime d'activité, un des leviers pour permettre la hausse de 100 euros par mois pour les salariés au Smic, promise par Emmanuel Macron.

 Les patrons de banque reçus à l'Elysée. Emmanuel Macron a rendez-vous mardi après-midi des représentants du secteur bancaire et il recevra le lendemain après-midi des dirigeants de grandes entreprises, pour leur demander de "participer à l'effort collectif", sans doute à travers des mesures fiscales.

Des syndicats déçus. Les première réactions syndicales sont pour l'instant très critiques. Pour la CGT, Emmanuel Macron "n'a rien compris de la colère qui s'exprime". L'Unsa a regretté que rien ne soit prévu pour les fonctionnaires, souvent proches du smic. Le patron de la CFDT, Laurent Berger, avait souhaité plus tôt dans la journée une prime "obligatoire".

Des "gilets jaunes" divisés. Chez les manifestants, pour beaucoup très déçus par les 100 euros promis aux smicards, l'accueil était mitigé, avec des dissensions qui semblaient se renforcer entre les modérés et les radicaux. Parmi les premiers, la Bretonne Jacline Mouraud a appelé lundi soir à "une trêve" en saluant "des avancées, une porte ouverte" du pouvoir.

23 millions de téléspectateurs. 23 millions de personnes ont suivi l'allocution d'Emmanuel Macron ce lundi soir, en comptant les quatre chaînes d'infos en continu, a appris franceinfo mardi matin. C'est près du double de sa dernière intervention.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #GILETS_JAUNES

20h26 : Vingt-deux enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite de plaintes de "gilets jaunes" et de lycéens mobilisés depuis mi-novembre contre la politique du gouvernement, essentiellement pour des faits de violences supposées illégitimes, selon une information de BFMTV confirmée par une source policière à franceinfo.

20h08 : Trois hommes et une femme, âgés de 22 à 41 ans, sont maintenus en détention jusqu'à leur comparution le 26 décembre prochain pour "violences volontaires sur personne dépositaire de la fonction publique" avec ITT inférieure à huit jours. Selon une source policière contactée par franceinfo, "ils ont frappé à coups de poings et de pieds" le directeur départemental de la sécurité publique de la Drôme samedi, lors d'un barrage filtrant sur un rond-point à Valence. "Il a été pris à partie alors que les forces de l'ordre tentaient de les déloger", précise cette source. Au total, 39 membres des forces de l'ordre ont été blessés ce jour-là, contre 320 du côté des manifestants.

19h38 : Laurent Wauquiez, président des Républicains, a invité les "gilets jaunes" à ne pas descendre dans la rue ce samedi. "Je le dis, mon souhait est que, samedi, il n'y ait pas de manifestation", a-t-il déclaré sur BFMTV.

19h23 : Les autorités égyptiennes ont restreint la vente des gilets jaunes, devenus le symbole du mouvement social en France. Selon un commerçant, "pour vendre des gilets jaunes, il faut le feu vert du commissariat de police" du quartier. Ces restrictions interviennent à quelques semaines du 8e anniversaire de la révolte de janvier 2011, qui a renversé le régime du président Hosni Moubarak. A cette occasion, les autorités égyptiennes craignent des manifestations non autorisées et des débordements.

19h11 : La préfecture de Charente a pris un "arrêté d'interdiction d'occupation" d'un rond-point qui était régulièrement occupé depuis plusieurs semaines par des "gilets jaunes". La décision a été prise après deux accidents de la route survenus depuis la fin novembre, dont un mortel hier.

18h48 : Concernant les violences qui ont émaillé les manifestations des "gilets jaunes", Philippe Poutou se dit n'être "pas du tout choqué". "Quand on nous parle de violence, d'image de la France qui serait dégradée à cause de ces manifestations-là, on répond que ce qui est violent c'est le chômage, la précarité et la destruction des services publics, a-t-il justifié.

19h00 : A Paris, 246 entreprises ont été dégradées samedi lors de la manifestation des "gilets jaunes". Selon le bilan publié par la Chambre de commerce Paris Ile-de-France aujourd'hui, 144 entreprises ont été fortement touchées (vitrines détruites, magasins "pillés") tandis que 102 l'ont été plus légèrement, avec des vitrines étoilées, fendues ou rayées, des tags, ou des jets de peinture.

18h36 : Les banques s'engagent aussi à plafonner à 25 euros par mois les frais d'incidents bancaires pour les 3,6 millions de ménages jugés "en difficulté" par la Banque de France, car régulièrement à découvert. L'ensemble de ces engagements représentent "500 à 600 millions de pouvoir d'achat redistribués au bénéfice des Français", précise l'Élysée.

18h36 : A l'issue de la réunion entre Emmanuel Macron et les représentants des banques aujourd'hui, toutes les hausses de tarifs bancaires prévues en 2019 sont annulées. Cette mesure concerne toutes les banques.

17h47 : "Cette intervention acte une forme de défaite symbolique pour le chef de l'Etat."

Hier soir, le ton du président de République était grave. Pour analyser cette intervention, notre journaliste Yann Thompson a interrogé Anne-Claire Ruel, enseignante en communication politique à l'université Paris 13. "Emmanuel Macron avait écrit toute sa campagne sur l'idée d'un homme qui ne cède pas (...). Là, il n'avait pas d'autre choix que de céder", explique-t-elle.

17h14 : A propos de la prime de fin d'année, Emmanuel Macron a demandé "à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d'année à leurs employés". Dans cet article, nous répondons aux questions que vous vous posez sans doute sur ce dispositif.

Emmanuel Macron a demandé aux employeurs volontaires, le 10 décembre 2018, de verser une prime exceptionnelle de fin d\'année à leurs salariés.(MONIKA SKOLIMOWSKA / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

17h01 : "Une fois de plus, la révolte naît de la question de l'impôt." LCP s'est procuré le texte de la motion de censure contre le gouvernement que les groupes communistes, socialistes et La France Insoumise à l'Assemblée nationale doivent déposer ce soir.

17h00 : C'est très juste @anonyme. La prime d'activité est reversée au salarié sous conditions de ressources de son foyer fiscal. Ainsi, si un salarié sans enfant est payé au smic mais qu'avec son ou sa compagne, ils gagnent plus que 2 200 euros net, il ne bénéficiera pas de la prime d'activité et donc pas de cette augmentation. Vous me suivez ?

17h00 : C'est gentil mais tout le monde ne bénéficie pas de la prime d'activité même en percevant le smic ! Revoyez les conditions d'obtention SVP et vous comprendrez pourquoi cette mesure ne répond pas aux attentes !

16h38 : Bonjour cher @anonyme. Les contours de la réforme du smic annoncée par Emmanuel Macron hier sont encore partiellement flous mais je vais tenter de vous apporter un élément de réponse.

Un salarié qui touche 50 euros de plus que le smic verra aussi son salaire augmenté si – et seulement si – il bénéficie de la prime d'activité. En réalité, c'est l'augmentation de cette prime d'activité qui compose l'essentiel du coup de pouce apporté au smic. Et un salarié peut en bénéficier s'il touche moins de 1 500 euros, comme nous l'expliquons dans cet article.

16h58 : J'ai une question : que se passe-t-il pour celui qui touche 50 € de plus que le smic ? Après les annonces, il touchera moins que le smicard ?

16h34 : "Un célibataire sans enfant au smic qui gagnait 1 307 euros avec la prime d'activité il y a un peu plus d'un an, ce sera 1 430 euros."

Devant les députés, la ministre du Travail a promis "123 euros de plus" pour les salariés au smic : "100 euros par les pouvoirs publics, 23 euros par les revalorisations" dues à l'inflation.

16h34 : La prime de fin d'année se fera "évidemment en fonction de la rentabilité des entreprises".

Le patron des patrons apporte des précisions après l'allocution d'Emmanuel Macron. Hier, le chef de l'Etat a demandé aux employeurs "qui le peuvent" de verser à leurs salariés une prime de fin d'année. "Il faut bien comprendre que ce n'est pas automatique", prévient Geoffroy Roux de Bézieux.




(BERTRAND GUAY / AFP)

16h18 : Le Sénat donne son feu vert à l'accélération de la hausse de la prime d'activité, qui doit permettre les 100 euros de plus pour les salariés au smic.

16h00 : "Vous appelez à la démocratie, vous appartenez à une formation que l'on dirige par héritage et non pas par talent."

Le ton monte à nouveau à l'Assemblée nationale. Olivier Dussopt s'en est pris au député frontiste, Ludovid Pajot qui venait de qualifier le pacte de Marrakech de "pacte de submersion migratoire".

15h52 : "Vous vous mettez à la remorque du Rassemblement national parce que vous êtes à la ramasse."

Le ton est monté quand le secrétaire d'Etat a répondu à Claude Goasguen au sujet du pacte de Marrakech. Le député Les Républicains a regretté que la signature du traité n'ait pas été discutée à l'Assemblée nationale.

15h52 : Accusé d'avoir menti par Mathilde Panot, députée La France insoumise du Val-de-Marne, Edouard Philippe a répondu avec vigueur qu'il n'employait jamais ce genre de terme envers un adversaire politique.

15h38 : La députée LREM de Dordogne, Jacqueline Dubois, est à la tribune pour évoquer l'incendie de sa voiture, ce week-end. Si vous n'avez pas suivi cette affaire, je vous invite à lire notre article sur les députés de la majorité qui ont été agressés ou menacés depuis le début du mouvement.




(MAXPPP)

15h26 : Voici l'extrait dans lequel Edouard Philippe annonce que le dispositif de la prime d'activité pourrait être modifié pour en faire bénéficier le plus grand nombre. Mais tout n'est pas très clair...

15h29 : Comme nous l'expliquons dans cet article, l'augmentation annoncée hier par Emmanuel Macron pour les salariés au smic s'appuie en fait sur la prime d'activité. Mais tous les salariés qui perçoivent le salaire minimum n'ont pas pour autant droit à cette prime d'activité.

15h29 : "Nous voulons que l'ensemble des gens qui sont payés au smic puissent effectivement bénéficier d'une augmentation de 100 euros."

Edouard Philippe ouvre la porte à une modification du dispositif de la prime d'activité pour que les foyers fiscaux qui n'en bénéficient pas mais dont l'un des membres est payé au smic puissent aussi profiter de cette annonce présidentielle.

15h18 : "Votre promesse était celle d'un nouveau monde. Mais depuis hier, nous savons ce qu'il en est vraiment : c'est retour vers le futur."


Devant les députés, Olivier Faure a déploré des mesures "made in Sarkozy", notamment avec la défiscalisation des heures supplémentaires.

15h12 : "Le président de la République a entendu la colère qui s'exprimait et il a pris les mesures qui s'imposaient", s'est félicité Edouard Philippe, lors de sa première réponse aux députés.

15h09 : "Cette mesure sera valable pour les salariés du privé mais aussi pour les agents de la fonction publique", lance Edouard Philippe à propos de la défiscalisation des heures supplémentaires.

15h07 : Jean-Carles Grelier, élu LR de la Sarthe, premier député à prendre la parole, a fait applaudir les forces de l'ordre, en propos préliminaire à sa question sur les annonces d'Emmanuel Macron. Voici la séquence en vidéo.

15h05 : "Nous rendons hommage au travail difficile des forces de l'ordre."

Edouard Philippe prend la parole sous les salves d'applaudissements des députés de la majorité.

15h01 : C'est parti pour les Questions aux gouvernement ! Au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe va assurer le service après-vente devant les députés. C'est à suivre en direct ici.




15h00 : Ils ont entendu l'appel d'Emmanuel Macron. Le groupe Altice, qui détient SFR mais aussi plusieurs médias comme BFMTV, L'Express ou Libération, a annoncé le versement d'une prime de 1 000 euros à ses salariés.

14h55 : Quels sont les articles les plus lus sur franceinfo.fr ?

• L'article de notre journaliste Ilan Caro qui explique pourquoi l'augmentation du smic promise par Macron n'en sera pas vraiment une

• Notre article sur la prime d'activité dont Emmanuel Macron veut se servir pour augmenter les salariés au smic

• Notre article sur l'étrange échange entre Mathieu Kassovitz et Philippe Poutou sur Twitter.

14h34 : "On ne peut pas réparer 40 ans en 18 mois. Donc en attendant, il faut accompagner plus sur le plan social", s'est défendue la ministre du Travail, ce matin, sur France Inter.

14h31 : Même son de cloche du côté du secrétaire national du PCF. "Ce sont les Français qui vont payer" la hausse du Smic, a affirmé Fabien Roussel, ce matin sur le plateau de France 2.

(FRANCE 2)

14h54 : A gauche, les mesures d'Emmanuel Macron suscitent les critiques. D'après l'ex-secrétaire d'Etat socialiste en charge du Budget, Christian Eckert, "tout est complètement bouleversé". "A force de supprimer des cotisations sociales, je pense que certains vont aboutir à ce qu'ils recherchent peut-être, c'est-à-dire mettre à mal une Sécurité sociale", s'inquiète-t-il.




(JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

14h23 : Les annonces n'ont pas contenté l'Union française des retraités (UFR). "Au bout du compte, les retraités sont perdants", estime son président, interrogé par franceinfo, malgré l'annonce de la suppression de l'augmentation de la CSG pour les retraités qui touchent moins de 2 000 euros.

14h53 : Les annonces d'Emmanuel Macron n'ont pas convaincu tout le monde. "Ce ne sera pas suffisant", affirment des maires ruraux de Meurthe-et-Moselle, interrogés par franceinfo. Ils appellent cependant les "gilets jaunes" à arrêter la contestation.




(JEFF PACHOUD / AFP)

14h53 : Ça, c'était avant. Le député PS des Landes Boris Vallaud a exhumé un tweet de 2013 de Christophe Castaner qui critiquait la défiscalisation des heures supplémentaires, réinstaurée hier par Emmanuel Macron. "C'est 4 milliards de coût et 100 000 emplois perdus. Ne l'oublions pas !", écrivait l'actuel ministre de l'Intérieur.


13h44 : Tous deux ont été menés par téléphone après l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron et l'échantillon de personnes interrogées est pratiquement le même : 992 sondés pour le premier, 991 pour le second. Si cette différence de résultats peut s'expliquer par des petites différences de méthodologie, cela montre surtout la division et la confusion des Français sur le sujet.

13h44 : Vos remarques sont très justes, chers @Avigno et @Loulou. Notre sondage, produit par l'institut Odoxa, affirme que 54% des Français souhaitent la poursuite du mouvement. A l'inverse, un sondage OpinionWay pour LCI affirme que 54% des Français sont pour la fin de la mobilisation.

13h44 : Il n'y a pas une erreur ?Je croyais que 54% souhaitait que le mouvement s'arrête.Les sondages se suivent et se contredisent.

13h44 : L'Arc de triomphe va rouvrir ses portes demain. Le monument parisien est resté fermé depuis la manifestation du 1er décembre où il a été vandalisé. Le montant total des dégradations subies par l'Arc de Triomphe se chiffre à "plusieurs centaines de milliers d'euros", selon le Centre des monuments nationaux.

(Yann Castanié / Hans Lucas / AFP)