"La France va mieux qu'en mai 2012" : Moscovici a-t-il raison ?

Alors que la petite phrase du ministre de l'Economie suscite de vives réactions, francetv info démêle le vrai du faux.

Le ministre de l\'Economie, Pierre Moscovici, dans la cour de l\'Elysée, le 8 novembre 2013.
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, dans la cour de l'Elysée, le 8 novembre 2013. (MAXPPP)

"Il doit vivre sur une autre planète" ; "on ne doit pas parler du même pays" ; "il prend ses désirs pour des réalités"… En affirmant que "la France va mieux qu'en mai 2012", dimanche 10 novembre, Pierre Moscovici ne s'est pas fait que des amis. Sur la page Facebook de francetv info comme sur Twitter, la petite phrase du ministre de l'Economie a suscité des dizaines de réactions, toutes plus critiques les unes que les autres. Alors, Pierre Moscovici a-t-il tort ou raison ? Francetv info passe au crible les principaux indicateurs.

Le chômage a fortement augmenté

Publié tous les mois, le nombre de demandeurs d'emploi est l'une des statistiques qui parlent le plus aux Français. Le mois dernier, Pôle emploi en a recensé 3,29 millions en catégorie A, contre 2,92 millions en mai 2012. Autrement dit, il y a aujourd'hui 373 600 demandeurs d'emploi en plus, soit une augmentation de 12,8%. 

Mais le gouvernement veut mettre en avant un autre aspect. Sur la période mars-avril-mai 2012, le nombre de demandeurs d'emploi avait augmenté de 1,3%. Sur la période juillet-août-septembre 2013, il a augmenté de 0,3%. Un ralentissement dont se félicite l'exécutif, et qui doit préfigurer la fameuse "inversion de la courbe" promise par François Hollande d'ici à la fin de l'année. 

Le pouvoir d'achat a stagné

Autre indicateur auquel les Français sont très sensibles : l'évolution du pouvoir d'achat. Or, depuis la mi-2012, le revenu disponible brut des ménages s'est affiché dans le rouge à plusieurs reprises. Et il devrait à nouveau reculer au second semestre 2013, en raison de la hausse des prélèvements obligatoires.

Au final, d'après les prévisions de l'Insee, le pouvoir d'achat aura stagné (+0,08%) entre la mi-2012 et la fin 2013.

La croissance est repartie légèrement

C'est un indicateur auquel l'exécutif prête énormément d'attention. François Hollande l'a assuré lors de son intervention télévisée du 14-Juillet : "La reprise, elle est là." Une affirmation qui s'appuie sur les chiffres de la croissance. Après un léger recul fin 2012-début 2013, le produit intérieur brut (PIB) de la France est en effet reparti à la hausse au deuxième trimestre. Et selon l'Insee, après une brève stagnation au troisième trimestre, la croissance devrait être à nouveau au rendez-vous au quatrième trimestre.

Des chiffres qui permettent à Pierre Moscovici d'affirmer qu'"aujourd'hui, nous sommes sortis de la récession. (...) Il y a un effort qui est en train de payer. (...) La croissance est en train de reprendre." Elle reste néanmoins insuffisante pour créer massivement des emplois : selon les économistes, il faut pour cela une croissance de 1 à 1,5%. Pour 2014, le gouvernement espère atteindre 0,9% à 1%.

Le déficit a diminué

Si le ministre de l'Economie affirme que "la France va mieux aujourd'hui qu'en 2012", c'est aussi parce que le gouvernement a fait du redressement des finances publiques un objectif majeur. Durant la campagne, François Hollande s'est engagé à les ramener à l'équilibre avant la fin de son quinquennat. Pour cela, le chef de l'Etat a engagé des hausses d'impôts et des baisses de dépenses. 

Résultat : le déficit public, qui s'élevait à 5,3% du PIB fin 2011, devrait être ramené à 4,1% fin 2013, à 3,6% fin 2014, et à moins de 3% fin 2015. "Il faut désendetter la France pour que les générations futures payent moins", martèle Pierre Moscovici.

La dette continue de grimper

Pas d'amélioration, en revanche, sur le front de la dette publique. En 2013, la France va voir le montant de sa dette dépasser les 2 000 milliards d'euros. Un record qui confirme, année après année, l'incapacité du pays à résoudre ce problème.

Pierre Moscovici promet toutefois qu'à 95,1% de PIB en 2014, la dette aura atteint un ratio maximum. Il devrait ensuite diminuer de deux points par an jusqu'à la fin du quinquennat. Ce dont doute toutefois l'agence Standard & Poor's, qui a dégradé la note souveraine de la France d'un cran, vendredi 8 novembre, la faisant passer de AA+ à AA.