Optimiste, Hollande assure que la reprise économique "est là"

Le chef de l'Etat estime que l'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année n'est pas un "objectif", mais un "engagement".

François Hollande, dimanche 14 juillet, lors de son interview télévisée depuis les jardins de l\'Elysée.
François Hollande, dimanche 14 juillet, lors de son interview télévisée depuis les jardins de l'Elysée. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)
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Ilan CaroFrance Télévisions

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Un mélange d'optimisme et de fermeté. Pour sa première interview télévisée depuis les jardins de l'Elysée, dimanche 14 juillet, François Hollande, confronté à une cote de popularité au plus bas, à des voyants économique au rouge, et à majorité qui tangue, se devait de rassurer les Français. Mais aussi, après l'éviction de Delphine Batho, de prouver à son camp que le chef, c'est lui. Retour sur les points marquants de son intervention.

"La reprise économique est là"

C'est la phrase la plus marquante de cette interview présidentielle. Jamais, jusqu'alors, François Hollande ne s'était montré aussi optimiste sur l'évolution de la situation économique.

"Il y a une production industrielle qui repart", a-t-il dit pour étayer son propos, affirmant même que la France était le pays européen qui connaissait la plus forte progression. Le président a également souligné la "petite reprise" de la consommation des ménages et les embauches qui "commencent à progresser". Pour lui, "il y a l'assurance que le second semestre sera déjà meilleur que le premier".

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Cependant, les derniers chiffres de l'Insee ne sont pas aussi bons que ce que laisse entendre le chef de l'Etat. Si la production industrielle a en effet fortement progressé en avril, elle a légèrement rechuté en mai.

L'inversion de la courbe du chômage, "pas un objectif, un engagement"

L'objectif d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année a été réaffirmé très nettement. Et désormais, François Hollande va plus loin : dans sa bouche, il ne s'agit plus d'un "objectif", mais d'un "engagement". "Et je serai jugé là-dessus", appuie-t-il.

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Sur le front du chômage, François Hollande a enregistré une petite victoire lors de la publication des chiffres du chômage pour le mois de mai, qui sont restés stables pour la première fois depuis deux ans. Mais il ne s'agit pas encore de l'inversion attendue. Le chômage devrait ainsi continuer à augmenter dans les mois à venir.

Retraites : Hollande confirme un allongement de la durée de cotisation

Le président n'est pas entré dans les détails, mais a confirmé que la principale piste pour la réforme des retraites à venir à l'automne consistait à allonger la durée de cotisation, ce qu'il avait déjà évoqué.

François Hollande a en revanche exclu un relèvement de l'âge légal de la retraite, considéré comme "injuste" pour les personnes ayant commencé à travailler tôt. A la question de savoir si les retraités seraient mis à contribution, il a laissé entendre que oui en affirmant que "tout le monde fera un effort".

"Pas de gaz de schiste tant que je serai président"

Jean-Marc Ayrault l'a déjà affirmé, François Hollande le confirme : "Tant que je serai président, il n'y aura pas d'exploration du gaz de schiste en France."

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Le débat avait été relancé ces derniers jours, après l'éviction de Delphine Batho, par une déclaration "à titre personnel" d'Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif aurait souhaité que cette énergie présente dans les sous-sols français soient exploités par une compagnie nationale.

Au passage, le chef de l'Etat a rappelé qu'il n'y avait "pas de statut particulier" au gouvernement. Un message destiné, entre autres, à Arnaud Montebourg.

"Nicolas Sarkozy a le droit de revenir, mais..."

Interrogé sur le retour en politique de Nicolas Sarkozy, François Hollande s'est abstenu de tout commentaire, se plaçant dans la posture traditionnelle du chef de l'Etat, au dessus des partis. Tout juste a-t-il convenu que si l'ancien président veut revenir, "c'est tout à fait son droit".

Il ne s'est en revanche pas privé de le mettre sèchement en garde contre les attaques adressées par certains de ses proches au Conseil constitutionnel après le rejet de ses comptes de campagne. "Jamais nous ne pouvons considérer que lorsque la plus haute juridiction de notre pays prend une décision, ça doit etre mis en cause, suspecté ou contesté. Je n'accepterai jamais une mise en cause de l'autorité du Conseil constitutionnel".

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Recevoir les journalistes à l'Elysée : "Je me suis ravisé"

La promesse de campagne a fait long feu. François Hollande, qui avait promis de ne pas convoquer les journalistes a l'Elysée, a admis qu'il s'était "ravisé". "Le 14-Juillet, le président doit parler", a-t-il expliqué, ajoutant qu'avec le 31 décembre, "il s'agit d'un moment important pour les Français".

L'an dernier, le président s'était également exprimé, mais en "lieu neutre", depuis l'hôtel de la Marine.

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