Réforme des retraites : il faut "retirer l'âge d'équilibre, un point, c'est tout", estime Laurent Berger

Favorable à un système universel par points, le secrétaire général de la CFDT est en revanche farouchement opposé à la mise en place de l'âge pivot à 64 ans, une mesure d'allongement de la durée de cotisation.

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Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger face à la presse, le 11 décembre 2019 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

La CFDT monte le ton contre le gouvernement sur le thème des retraites. Son secrétaire général, Laurent Berger, a notamment exprimé son opposition catégorique au principe d'un "âge d'équilibre", comme le prévoit le projet de réforme. "C'est très simple, explique-t-il dans dans un entretien au Journal du dimanche, dimanche 15 décembre. Pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer l'âge d'équilibre. Un point, c'est tout."

L'âge, un casus belli pour la CFDT

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a en effet annoncé la mise en place d'un "âge d'équilibre" à 64 ans, une mesure d'allongement de la durée de cotisation. Chacun pourra continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais au prix d'un malus sur sa pension, ceux partant après bénéficiant au contraire d'un bonus. Mais Laurent Berger, lui, estime que "cela n'a aucun sens de conjuguer" réforme "systémique" et réforme "paramétrique", c'est-à-dire touchant à un des paramètres du système : l'âge ou la durée de cotisation.

C'est profondément injuste de demander à ceux qui sont nés en 1960 et qui doivent partir à la retraite en 2022 de travailler plus longtemps.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

au "JDD"

Cet "âge d'équilibre" est donc un point précis de mécontentement. En effet, Laurent Berger rappelle qu'il reste favorable à une transformation du système actuel en un "système universel" par points.

Je ne me laisserai pas coincer entre ceux, d'une part, qui disent qu'il faut faire disparaître cette réforme, et d'autre part, les technocrates de la comptabilité à tout crin, qui pensent que la réforme se résume à des moyennes et à des chiffres.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

au "JDD"

Edouard Philippe a lancé une invitation aux partenaires sociaux afin de participer à une réunion à Matignon "le plus tôt possible la semaine prochaine". Laurent Berger semble enclin à poursuivre les discussions. Il assure que "chaque fois qu'une porte est ouverte, la CFDT y va", sans toutefois donner davantage de détails.

"Je ne souhaite pas de blocage pour Noël"

En raison de ce désaccord sur l'âge d'équilibre, la CFDT a déjà appelé à la mobilisation mardi 17 décembre. Si le gouvernement ne revient pas sur ce point de la réforme, le syndicat pourrait alors donner "aussi rendez-vous en janvier", avertit Laurent Berger. "La CFDT continuera de dire qu'elle est contre [la mesure d'âge]. Il y aura des discussions, mais aussi de la mobilisation militante. C'est une évidence."

Mais si "la CFDT appelle à une manifestation le mardi 17 décembre", elle n'appelle pas "à continuer le 18, le 19, etc.". Laurent Berger, en effet, ne "souhaite pas de blocage des transports pour Noël" pour ne pas faire "payer l'addition aux usagers" et pouvoir "sortir de l'impasse". Il ajoute toutefois que "stigmatiser les régimes spéciaux est la pire des bêtises !"

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