"On est remontés à bloc" : les députés de la majorité satisfaits de leur rencontre avec Emmanuel Macron

Le chef de l'État a reçu les députés de la majorité pendant deux heures mardi soir à l'Élysée. 

Emmanuel Macron à l\'Élysée le 11 février à l\'Élysée. 
Emmanuel Macron à l'Élysée le 11 février à l'Élysée.  (GR?GORY YETCHMENIZA / MAXPPP)

Emmanuel Macron a reçu mardi 11 février dans la soirée à l'Élysée les députés de la majorité, LREM, Modem, UDI et Agir pour tenter d'apaiser les tensions notamment après l'affaire du congé pour deuil parental et alors que le projet de réforme des retraites est examiné à l'Assemblée nationale.

>>> Emmanuel Macron appelle les parlementaires de la majorité à "l'unité" après la polémique sur le congé de deuil parental

Ce n'était "pas un recadrage", a assuré mardi soir sur franceinfo Olivier Véran, député LREM de l'Isère. "Cela sous-entendrait qu'il y aurait des fautes ou des dysfonctionnements. C'était un temps d'échange entre le président et sa majorité", précise Oliver Véran. "Il n’était pas question de se pardonner quoi que ce soit, corrige également Yaël Braun-Pivet, députée des Yvelines. Il était important pour nous et le président de nous rappeler qui nous étions, c’est-à-dire une majorité diverse."

"On est remontés à bloc et on repart remotivés", lâche même Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres, après cette rencontre de deux heures dans la salle des fêtes de l'Élysée, avec environ 320 députés sur les 380 qui composent la majorité. "Je pense que certains avaient besoin d’être reboostés dans leur engagement, poursuit Yaël Braun-Pivet. C’est vrai qu’une rencontre entre nous et le président de la République, ça fait du bien."

Un "grand débat" entre élus de la majorité

Le député de l'Isère, Olivier Véran, explique avoir aimé la forme de la rencontre, "le modèle 'assis autour du président', un peu façon grand débat". Le chef de l'Etat a tout d'abord "fait un discours introductif mobilisateur sur la réforme des retraites". Emmanuel Macron a ensuite eu un mot "pour les agriculteurs, les commerçants, les indépendants qui restent avec une toute petite retraite". Le président a "rassuré" les députés avec un discours "tourné vers l'avenir et qui refuse l'idée de l'immobilisme".

Le président a appelé les parlementaires "à l'unité" et a "opposé unité et uniformité". "Il nous a appelé à ne pas nous asseoir sur nos convictions. Il est à dix mille lieues du discours d'une majorité 'godillot'. Il nous a appelés à assumer les différences que nous pouvions avoir", affirme Olivier Véran. 

On a été élus pour changer et transformer la vie quotidienne de nos concitoyens et il faut qu'on redouble d'ardeur pour ça. Tout le reste, le moral des troupes et les questions internes à la majorité, c'est secondaire.Stanislas Guérini, délégué général de La République en marcheà franceinfo

"On a pu s'exprimer", ajoute Olivier Véran. "Je n'étais pas inquiet en arrivant à l'Elysée, je ne le suis pas davantage en en sortant." Selon lui, "il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre le président de la République et sa majorité", malgré la polémique après le refus des élus LREM d'allonger le congé pour deuil d'un enfant. "Il n'y avait pas vraiment de brouille, confirme sur franceinfo Anne-Christine Lang, députée LREM de Paris. Même s'il y a eu ce moment délicat avec des propos assez malheureux."

L'aile gauche du parti reste prudente 

Alors que la majorité a tangué comme jamais ces dernières semaines, peut-elle en une soirée se ressouder avant la bataille des retraites et les municipales? Oui, à condition que les beaux discours soient suivis d’effets, avertit le chef de file de l’aile gauche, Jean-François Césarini. "À suivre... Tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes mais il faut le faire. Si c'est 'business as usual' la semaine prochaine, on dira 'on est ok, c'est super', finalement on est d'accord sur le principe mais dans la réalité, il n'y a rien qui a changé, affirme l'élu du Vaucluse. Maintenant, il faut vraiment qu'on œuvre tous ensemble pour que ça bouge."