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"La camarade Binet, je ne la connais pas encore" : à Marseille, les militants CGT "attendent de voir" après l'élection de leur secrétaire générale

Beaucoup de militants CGT des Bouches-du-Rhône espéraient voir une ligne plus dure s'imposer dans la succession à Philippe Martinez. Après le choix de Sophie Binet, ils espèrent d'elle une position de fermeté.
Article rédigé par franceinfo - Hugo Charpentier
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Des militants CGT des Bouches-du-Rhône le 11 mars 2023 à Marseille, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Sophie Binet succède à Philippe Martinez à la tête de la CGT : un choix surprise, vendredi 31 mars, après une semaine de congrès houleux où l'équipe sortante qui poussait la candidature de Marie Buisson a été battue. Et un revers également pour les tenants d'une ligne plus radicale. A Marseille, dans les locaux de l'union départementale des Bouches-du-Rhône, Sandra, syndicaliste marseillaise, avoue sa surprise : "Le nom de Sophie Binet n'apparaissait pas dans les débats. Donc oui, un peu surprise, voilà..." De la surprise et un peu de déception, aussi, dans ce bastion industriel et portuaire où la ligne radicale est puissante. "Je pense qu'il faut des gens de poigne. Je ne sais pas, je ne la connais pas. Peut-être qu'elle est excellente... On verra bien." 

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Des "gens de poigne" : certains auraient préféré Céline Verzeletti, candidate battue, et surtout Olivier Mateu, emblématique secrétaire CGT des Bouches-du-Rhône. "Oui, j'aurais préféré que ce soit quand même le secrétaire général de l'UD-CGT 13, avoue une militante. Mais bon... Aujourd'hui, on a Sophie Binet. J'espère que la CGT va être unie, va travailler et œuvrer ensemble pour porter toutes nos idées". En pleine contestation contre la réforme des retraites, on joue la carte de l'unité. Pour Alain, membre du syndicat CGT Ville de Marseille. "Ça aurait été bien que ce soit Olivier Mateu. J'attends de voir. La camarade Binet, je ne la connais pas encore. On verra, on attendra."

L'arrivée d'une femme à la tête du syndicat est tout de même saluée, une première en 128 ans d'existence. "Il était temps quand même qu'il y ait une femme à la tête de la CGT, reconnaît un adhérent. Après que ce soit Sophie Binet, que ce soit Céline Verzeletti ou que ce soit Marie Buisson, ce n'était pas le critère unique qui faisait que la candidature était intéressante." 

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Sophie Binet est attendue au tournant. Ses premières décisions seront particulièrement scrutées, à commencer par la réunion de l'intersyndicale à Matignon mercredi avec la Première ministre Elisabeth Borne, en pleine contestation contre la réforme des retraites. Elle a confirmé qu'elle se rendrait à Matignon "pour exiger le retrait" du texte de réforme des retraites. Il faut "y aller avec un mandat clair : on vient pour parler de la retraite, pour parler des 64 ans et c'est le seul sujet, expose un militant marseillais. Et tant qu'on n'a pas réglé cette question-là, parce qu'elle n'est pas réglée, il est hors de question de parler du reste." Un autre renchérit : "Je pense qu'il faut quand même aller voir. Et s'ils ne parlent pas des retraites, il faut peut-être sortir. On y va, on va voir ce qu'elle [Elisabeth Borne] va nous raconter, si elle ne parle pas des retraites, on se lève et on s'en va". Une CGT droite dans ses bottes : voilà ce qu'attendent ces militants marseillais de leur nouvelle secrétaire générale.

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