"Je redoute l’opacité de cette réforme" : Bruno, cadre, critique le manque de visibilité sur les retraites

Alors qu'une manifestation interprofessionnelle se profile le 5 décembre contre la réforme des retraites, franceinfo vous propose tous les jours des portraits de Français face à leur retraite. Bruno, cadre de 54 ans, a "hâte de connaître le détail de la réforme".

Dans le secteur privé comme dans le secteur public, de nombreux Français s\'interrogent sur les contours de la réforme des retraites. Photo d\'illustration. 
Dans le secteur privé comme dans le secteur public, de nombreux Français s'interrogent sur les contours de la réforme des retraites. Photo d'illustration.  (SIGRID OLSSON / MAXPPP)

Bruno a commencé à travailler à 18 ans. Ce cadre dans une entreprise de services du numérique à Lyon entre dans la catégorie des carrières longues. Il pourrait partir à la retraite dans six ans mais il perdrait gros. "Je peux prendre ma retraite à 60 ans mais avec une décote de 50% de mon pouvoir d’achat, calcule-t-il. Cette décote s’amenuisera au fur et à mesure, et à 70 ans je récupérerai mon pouvoir d’achat actuel."

Mais Bruno souhaite surtout prendre sa retraite en bonne santé et profiter des siens : "Partir à la retraite, c’est aussi partir avec une espérance de vie qui ne soit pas simplement rythmée par les soins, les visites chez le médecin et les examens que l’on réalisera à l’hôpital."  Bruno pense donc s’arrêter à 65 ans, ou avant si le taux plein à 64 ans sans décote est retenu, comme le préconise le rapport Delevoye. Son salaire de cadre lui a permis d’acheter son appartement et d’épargner pour ses vieux jours. "J’ai eu la capacité d'anticiper sur une baisse de mes revenus qui sera forcément importante. Je souhaitais vraiment être autonome le plus longtemps possible et surtout ne pas être à la charge de mes enfants, voire de mes petits-enfants"insiste-t-il.

"Il faut être dans un esprit de partage"

Adhérent à la CFDT, ce cadre lyonnais est prêt à faire un effort pour la bonne cause. "Si demain je dois perdre un peu de pouvoir d’achat mais que cela permet une plus grande justice sociale, c’est un effort que je suis prêt à consentir", explique-t-il. Comme ses collègues, il a hâte de connaître le détail de la réforme, même s'il appréhende son contenu : "Je redoute l’opacité de cette réforme et le manque de visibilité sur le montant des pensions. Plus tôt nous le saurons, plus tôt les esprits s’apaiseront. De toute façon, il faut être dans un esprit de partage et de justice sociale", estime Bruno. Mais il a le sentiment que cet objectif de plus grande justice sociale n'est pas "une priorité du gouvernement".

"Je redoute l’opacité de cette réforme" : Bruno, cadre, critique le manque de visibilité sur les retraites
--'--
--'--


Tous les jours jusqu'à la journée de grève du 5 décembre, franceinfo va à la rencontre de Français pour les entendre et comprendre à travers leurs témoignages les enjeux de la réforme des retraites et ses implications futures.
• Dominique, caissière : "Je ne me vois pas travailler plus longtemps mais je sais que je vais être obligée de le faire"
• Marie et Quentin, étudiants : "La retraite, ça ne donne pas envie, c'est vraiment la dernière étape avant le décès !"
• Alexandre, danseur : "On a des limites physiques"
• Olivier, plombier : "Qu’on arrête ces régimes spéciaux qui créent des inégalités très fortes"
• Christophe, enseignant : "On va perdre 600 euros par mois"

• Sébastien et David, policiers : "Notre régime spécial, je me battrai pour le garder"
• Olivier, cheminot : "Pour moi, quand on donne sa parole, on ne la retire pas"