"On doit être très prudents" : le Mexique, pays le plus meurtrier pour les journalistes en 2019, selon RSF

Selon un bilan de Reporters sans frontières publié mardi, dix journalistes ont été assassinés au Mexique en 2019, soit autant qu'en Syrie.

Manifestation en hommage au journaliste Javier Valdez, assassiné en mai 2017 à Culiacan, dans le Sinaloa.
Manifestation en hommage au journaliste Javier Valdez, assassiné en mai 2017 à Culiacan, dans le Sinaloa. (RASHIDE FRIAS / AFP)

Au Mexique, les médias tentent de continuer à informer malgré les risques. Selon le bilan des violences commises contre les journalistes en 2019 publié mardi 17 décembre par l'ONG Reporters sans frontières, dix journalistes ont été assassinés cette année dans ce pays dit "en paix", soit autant qu'en Syrie.

À la rédaction de l’hebdomadaire d’investigation Riodoce, le souvenir de Javier Valdez plane encore. Ce journaliste qui enquêtait sur le crime organisé dans l’Etat de Sinaloa a été assassiné en 2017. Ici, pour informer, il faut peser chacun de ses mots. "Depuis quelques années on doit être très prudents, même un titre peut poser problème. Sur ce genre de sujet, on ne pense plus en premier au lecteur en travaillant, mais au trafiquant de drogue concerné", explique Ismael Bohorquez, rédacteur en chef de la revue.

"La frontière entre autorités et crime organisé est brouillée"

Depuis la mort de Javier Valdez, la situation ne fait que s'aggraver dans le pays. "Petit à petit, le Mexique cède du terrain au crime organisé. Ces zones deviennent des trous noirs de l’information", constate Balbina Flores, représentante de Reporters sans frontières au Mexique qui ajoute : "Par exemple, on nous a rapporté que dans la localité de Zihuatanejo, il n’y a plus un seul journaliste qui ose travailler. Les autorités locales corrompues sont souvent impliquées."

Au Mexique, plus de 90% des crimes commis contre les journalistes restent impunis. Pour Balbina Flores, "la frontière entre autorités et crime organisé est brouillée. Et c’est terrible : comment les citoyens peuvent-ils faire confiance aux autorités locales quand ce sont les mêmes qui font assassiner les journalistes ?".

"On doit être très prudents, même un titre peut poser problème” : au Mexique, des journalistes en danger
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