En 2019, 49 journalistes ont été tués dans le monde, selon le bilan annuel de RSF

Dans le détail, 46 hommes et trois femmes sont morts pour avoir exercé leur mission d'information en 2019, selon le bilan de RSF publié mardi.

Un dossier aux couleurs de Reporters sans frontières rendu public le 25 avril 2018, à Paris.
Un dossier aux couleurs de Reporters sans frontières rendu public le 25 avril 2018, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Quarante-neuf journalistes ont été tués dans le monde en 2019. C'est ce qu'on apprend dans le bilan annuel rendu public par Reporters sans frontières, mardi 17 décembre. Il y en avait eu 80 l'an dernier. Ce qui veut dire que le nombre a quasiment chuté de moitié en un an. Un niveau "historiquement bas" lié à des zones de conflit moins meurtrières qu'en 2018. "Il faut remonter à l'année 2003 pour avoir un nombre de journalistes tués aussi peu élevé", souligne RSF, qui dresse ce bilan depuis 1995.

Dans le détail, 46 hommes et 3 femmes ont perdu la vie pour avoir exercé leur mission d'information en 2019. Plus de la moitié d'entre eux (29) ont été tués dans des zones de paix et plus de 60% ont été sciemment visés. Aucun reporter n'a perdu la vie lors d'un reportage à l'étranger, l'ensemble des tués l'ayant été dans leur propre pays.

Des conflits moins meurtriers

Les conflits en Syrie, en Irak, au Yémen et en Afghanistan ont été moins meurtriers pour les journalistes que les années précédentes. En revanche, "le nombre de morts dans les pays dits en paix reste aussi élevé d'une année sur l'autre : le Mexique compte le même nombre de tués que l'année précédente, à savoir 10", remarque RSF. Ce qui fait dire à son secrétaire général, Christophe Deloire, que "la frontière entre les pays en guerre et en paix est en train de disparaître pour les journalistes.

Le Mexique détient ainsi la palme peu reluisante du pays le plus meurtrier pour les journalistes, ex-aequo avec la Syrie. Plus largement, l'Amérique latine, avec un total de 14 tués sur l'ensemble du continent, est devenue une zone aussi meurtrière pour les journalistes que le Moyen-Orient meurtri par ses conflits fratricides.

En 2019, 389 journalistes détenus

Le bilan recense également le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde pour avoir exercé leur fonction. Ils sont 389 en 2019, soit 12% de plus par rapport à l'an dernier. Ce chiffre en hausse est "d'autant plus préoccupant qu'il ne comprend pas les journalistes interpellés arbitrairement pendant quelques heures, quelques jours, voire plusieurs semaines", souligne RSF.

Or, l'ONG a enregistré "une multiplication de ce type d'interpellation au cours de l'année écoulée, en raison des manifestations et des mouvements de contestation qui éclatent un peu partout dans le monde, notamment en Algérie, à Hong Kong, où les agressions de journalistes se multiplient, tout comme au Chili et en Bolivie".

Près de la moitié des journalistes prisonniers (186 sur 389) sont détenus dans seulement trois pays : la Chine, l'Egypte et l'Arabie saoudite. La Chine, à elle seule, détient un tiers des prisonniers dans le monde, regrette l'ONG.

Enfin, selon RSF, au moins 57 journalistes sont détenus en otage dans le monde, un nombre quasi identique à celui de 2018. Les otages se concentrent toujours dans les quatre mêmes pays (la Syrie, le Yémen, l'Irak et l'Ukraine), et il n'y a eu aucune libération notable cette année malgré d'importants changements en Syrie, ce qui fait craindre le pire pour nombre d'entre eux, souligne RSF. Aucun journaliste n'a en revanche été porté disparu au cours de l'année 2019, contre trois l'année précédente.