Grève à Europe 1 : les journalistes dénoncent un management "autoritaire" et "inadapté" après la mise à pied de l'un d'eux

C'est la première fois de l'histoire de ce média que les salariés d'Europe 1 se mettent en grève. 

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Radio France
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Deux personnes entrent dans le bâtiment du groupe Lagardère, à Paris, dans lequel se trouve la rédaction d'Europe 1. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Europe 1 est en grève pour la première fois de son histoire. Les salariés de la radio protestent contre la mise à pied d'un journaliste ayant tenu des propos "véhéments" mais pas "insultants" à l'encontre d'une employée des ressources humaines qu'il a surpris en train d'enregistrer une assemblée générale mercredi 16 juin. Les grévistes demandent l'annulation de la procédure disciplinaire engagée à son encontre. C'est la "dernière illustration en date d'un management autoritaire et inadapté à l'œuvre à Europe 1", expliquent les grévistes. "Il y a une ambiance qui est compliquée à vivre, il faut avoir le cœur solide pour travailler à Europe 1."

La crainte d'une arrivée de Vincent Bolloré à la tête de la station

Les salariés craignent de voir la station passer sous le contrôle de Vincent Bolloré, actionnaire du groupe Lagardère. "Depuis plusieurs semaines et plusieurs mois, quasiment chaque jour, sort dans la presse un papier sur l'arrivée de Vincent Bolloré", explique à franceinfo Matthieu Bock vice-président de la SDR, la Société des rédacteurs, "On apprend dans la presse qui quitte l'entreprise, qui arrive peut-être dans l'entreprise. A chaque fois qu'on demande des explications, on nous dit qu'on ne sait rien du tout, que l'arrivée de Vincent Bolloré est un fantasme."

On a peur de se diriger vers un média d'opinion, vers quelque chose qui ressemble à la droite extrême et on en n'a pas envie. On a envie de continuer à faire notre métier, c'est-à-dire des faits, des reportages.

Matthieu Bock, vice président de la Société des rédacteurs d'Europe 1

franceinfo

La décision de faire grève n'a pas été prise à la légère. "On a vraiment réfléchi à cette grève", raconte Matthieu Bock, "Plusieurs fois on l'a repoussée parce qu'on avait trouvé une autre manière de faire, mais là on ne le trouve plus. C'est pour ça qu'on s'est dirigés vers la grève qui pour nous est une grande nouveauté." Et il poursuit : "C'est la première fois qu'on fait grève, c'est un pas très important qu'on a sauté à Europe 1. On tente de faire moins d'info et que cela se voie et qu'une élection régionale sans Europe 1 se voie."

En 2016, les salariés d'ITélé avaient fait grève pour obtenir une charte éthique qui garantisse leur indépendance vis-à-vis de Vincent Bolloré, principal actionnaire. "On a bien vu ce qui s'est passé aussi à Canal + avec les Sports. On a l'impression que les méthodes de Vincent Bolloré arrivent avant même Vincent Bolloré. On sent comme un étau qui se referme sur nous et on a envie de se battre."

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