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Une journaliste de "Charlie Hebdo" menacée de licenciement pour faute grave

Zineb El Rhazoui a été mise à pied par sa direction, qui refuse de commenter "une procédure en cours et interne", mais insiste sur le fait qu’il ne s’agit que d’une convocation à un entretien, pas d’un licenciement effectif.

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France Télévisions
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La journaliste de "Charlie Hebdo" Zineb El Rhazoui, le 11 février 2015 à Paris. (PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Elle est mise à pied en attendant son entretien préalable à un licenciement pour faute grave. Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, est dans le collimateur de sa direction, rapporte Le Monde jeudi 14 mai. Le motif exact de la procédure n'a pas été dévoilé, mais elle intervient sur fond de tensions entre la direction et les journalistes du titre, qui souhaiteraient devenir actionnaires de l'hebdomadaire satirique.

"Je suis choquée et scandalisée qu’une direction qui a bénéficié d’autant de soutien après les attentats de janvier fasse preuve d’aussi peu de soutien envers un de ses salariés, qui est sous pression comme tous dans l’équipe et fait l’objet de menaces", a réagi l'intéressée, interrogée par Le Monde. Zineb El Rhazoui, recrutée par Charlie Hebdo en 2011 pendant les printemps arabes, réalisait des reportages en France et à l'étranger, notamment sur les religions.

"On ne peut pas reprocher aux gens d’aller mal"

Après les attentats de janvier, la journaliste et son mari ont fait l'objet de menaces de mort par des islamistes. "Mon mari a perdu son emploi car des jihadistes ont dévoilé son lieu de travail, il a dû quitter le Maroc, je suis menacée, je vis dans des chambres d’amis ou à l’hôtel et la direction envisage de me licencier... Bravo Charlie", confie-t-elle.

Au Monde, la journaliste explique n'avoir pas pu travailler correctement ces derniers mois : "Je ne suis pas la seule. On ne peut pas reprocher aux gens d’aller mal et de ne pas se comporter en bons ouvriers, on vit dans des conditions chaotiques. C’est impossible de faire des reportages sous protection policière..." Contactée par Le Monde, la direction refuse de commenter "une procédure en cours et interne", mais insiste sur le fait qu’il ne s’agit que d’une convocation à un entretien, pas d’un licenciement effectif. 

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