Cet article date de plus d'un an.

STMicroelectronics : ce qu'il faut savoir sur la future usine de semi-conducteurs en Isère

Deux fabricants de semi-conducteurs américain et franco-italien vont construire une usine à Crolles (Isère). Un investissement de 5,7 milliards d'euros pour créer un millier d'emplois.

Article rédigé par franceinfo, Sarah Lemoine
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Le quartier-général de STMicroelectronics à Paris, le 28 septembre 2005 (THOMAS COEX / AFP)

Le projet est qualifié de "majeur" par l’Elysée. STMicroelectronics et GlobalFoundries ont annoncé la création d'une usine de semi-conducteurs à Crolles (Isère), représentant un investissement de 5,7 milliards d'euros et la création de 1000 emplois. L'annonce a été faite, lundi 11 juillet, à l'occasion du cinquième sommet "Choose France" ("Choisir la France") qui a lieu au Château de Versailles. Plus de 180 dirigeants y assistent et, déjà, 14 nouveaux investissements ont été annoncés pour un total de 6,7 milliards d'euros. Voici ce qu'il faut retenir.

Doubler la capacité de production actuelle

Bruno Le Maire ne tarit pas d'éloge : selon le ministre de l'Economie, c'est tout simplement "le plus grand investissement industriel des dernières décennies hors nucléaire et un grand pas pour notre souveraineté industrielle."

Marquée par la pénurie de ces précieux composants qui a fait suite à la crise sanitaire du Covid-19, l'Europe veut remonter sa part à 20% de la production mondiale, contre moins de 10% aujourd'hui.  Et l'annonce de cet investissement massif dans une nouvelle usine de semi-conducteurs, près de Grenoble, fait partie de cette stratégie. Il va coûter  5,7 milliards d'euros aux deux entreprises qui s'associent pour créer cette usine : le franco-italien ST Microelectronics et l’américain GlobalFoundries. L'usine verra le jour en Isère, sur le site de Crolles, déjà détenu par STMicroelectronics

Objectif affiché : doubler la capacité de production actuelle et fabriquer des puces de tailles assez variées, jusqu'à 18 nanomètres. "Ce projet renforcera massivement la capacité de production en France dans les technologies et contribuera à la résilience industrielle française et européenne en matière d’approvisionnement en composants", a indiqué l'Elysée dans un communiqué. Car ces semi-conducteurs sont utilisés dans de très nombreux appareils qui nécessitent de l'électronique, tels que les voitures, les avions, les smartphones, mais aussi les machines à laver, les panneaux solaires ou encore les consoles de jeu. 

L'un des sites les plus importants d’Europe

"Le site de Crolles deviendra ainsi le plus important site de production de puces français et l’un des plus importants d’Europe", ajoute l'Elysée. Emmanuel Macron doit se rend mardi 12 juillet sur le site à partir de 11h50, accompagné par Bruno Le Maire.

Cette annonce-phare a été faite lors du sommet "Choose France", qui se tient lundi 11 juillet au château de Versailles : des projets d'investissements industriels y sont présentés et sont évalués à 6,7 milliards d'euros d'investissements, et plus de 4.000 emplois créés. Autant d'éléments qui tombent à point nommé pour le gouvernement, pressé par l'inflation qui pèse sur le pouvoir d'achat. 

Parmi ces projets, donc, celui de l'usine de semi-conducteurs est le plus gros. Ce nouvel investissement, soutenu par des fonds publics et européen, va donc permettre d'accélerer la cadence. Depuis le début de la pandémie, la demande a explosé, provoquant des pénuries un peu partout à travers le monde. La France et l'Europe sont aujourd'hui extrêmement dépendantes de l'Asie. Cette nouvelle usine s'inscrit dans le cadre du "Chips Act", le programme de l'UE pour retrouver une place aux côtés de l'Asie et de l'Amérique dans la production mondiale de semi-conducteurs. 

>> La fin de la pénurie de semi-conducteurs n'aura pas lieu avant "plusieurs trimestres", selon le commissaire européen Thierry Breton

"Moins de dépendance à l'Asie"

Un projet qualifié, donc, de "majeur" par l’Elysée, synonyme à la fois de ré-industrialisation et de souveraineté française dans un secteur stratégique. Cette usine sur le sol français est "essentielle, parce qu'on voit bien que c'est un secteur majeur aujourd'hui et a fortiori demain, et qu'on était jusqu'à présent essentiellement dépendant de fournisseurs asiatiques, notamment de Taïwan", a estimé Christophe Lecourtier, directeur général de Business France, ce lundi sur franceinfo.

"Dans le contexte géopolitique qu'on connaît, tout ce qui peut se rapatrier vers l'Europe, et en particulier vers la France, est une très bonne nouvelle pour l'avenir et les industries qui dépendent de ces produits", a-t-il ajouté. La pénurie de ces composants électroniques, utilisés dans la plupart des objets du quotidien, est devenu un enjeu économique entre les grandes puissances. Cet investissement va permettre à la France d’accélerer dans ce domaine. 

80 projets lancés depuis 2017

Parmi les autres projets de "Choose France", on peut également noter l'implantation du constructeur automobile vietnamien Vinfast, qui va ouvrir 25 ateliers et showroom dans toute la France, avec, à la clé, près de 400 emplois attendus d'ici 2023. 

Dans le secteur des logiciels, l'espagnol Amadeus va, lui, investir 80 millions d'euros et recruter 800 personnes à Sophia Antipolis, dans les Alpes-Maritimes. Le fabricant du Thermomix, le célèbre robot ménager, va lui ouvrir une nouvelle usine à Donnemain-Saint-Mamès, en Eure-et-Loir, et créer 74 emplois. Enfin, dans la logistique, l'américain Fedex annonce la création de 1200 emplois à Roissy. Au total, ce sont donc 14 projets qui sont dévoilés pour un montant total de 6,7 milliards d'euros et 4000 emplois pérennes. Un montant record qui, selon l'Elysée, démontre l'attractivité grandissante de la France auprès des investisseurs étrangers. 

Depuis la création des sommets "Choose France", sous le précédent quinquennat, ce sont 80 projets qui ont été annoncés : 25 ont été réalisés, 50 sont en cours de création et cinq ont été abandonnés.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.