Vidéo Agences taguées, locations Airbnb occupées… au Pays basque, la flambée des prix de l'immobilier fait monter la colère

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Envoyé spécial. Agences  taguées, locations Airbnb occupées… au Pays basque, la flambée des prix de l'immobilier fait monter la colère
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Des agences aux façades taguées, des appartements occupés pour dénoncer les locations saisonnières... au Pays basque, la colère monte. A Biarritz comme sur toute la côte basque, la question immobilière est devenue une cause qui mobilise. Extrait du magazine "Envoyé spécial" du 21 octobre 2021.

"E.H. (Euskal Herria) ez da salgai !" ("Le Pays basque n'est pas à vendre !") La phrase refleurit sur les façades des agences immobilières de la côte basque. Comme au temps de l'ETA, l'organisation séparatiste basque (autodissoute en 2018). "A l'époque, on mettait des bonbonnes de gaz devant des agences. On n'en est pas là, heureusement", souffle cet agent immobilier d'Ustaritz qui a trouvé les murs de ses locaux tagués à deux reprises en quelques mois.

Ici, à une vingtaine de kilomètres de Biarritz, comme partout dans la région, se loger est devenu très difficile : les appartements auparavant loués à l'année ont été reconvertis en meublés destinés aux touristes – quand ils ne sont pas vendus à des prix que les nouveaux arrivants, souvent télétravailleurs, sont accusés d'avoir fait exploser.

"Aujourd'hui, c'est pas normal d'acheter un logement, de demander au locataire, du coup, de dégager, pour en faire un investissement spéculatif"

Txetx Etcheverry, membre de l'association Alda

à "Envoyé spécial"

Alors dans la population, la colère monte, et des actions s'organisent. Pas une semaine ne se passe sans une opération commando. A Biarritz, une équipe d'"Envoyé spécial" a assisté à l'occupation d'un studio. Il vient d'être vendu puis mis en location sur Airbnb, et l'association Alda ('changer", en langue basque) l'a réservé. Une vingtaine de militants investissent les lieux le temps d'une conférence de presse... après avoir refait la "déco" de l'appartement en y placardant affiches et tracts.

"Un travail de pédagogie", explique Txetx Etcheverry, membre de l'association, "un coup de projecteur sur tel angle du problème, pour que la population, les élus, les responsables, en saisissent toute l'ampleur réelle, l'urgence à agir". Ce que dénonce Alda, "c'est la spéculation, et c'est la marchandisation des biens communs que sont le logement et le foncier. (...) Ce qu'on demande, c'est la compensation : l'obligation, pour quelqu'un qui met un appartement en meublé touristique permanent, de le compenser en produisant, en créant un nouveau logement." Lorsqu'une location à l'année disparaît de la côte basque, la loi ne prévoit pour l'heure aucune obligation de compensation.

Extrait de "Quand vivre au pays devient trop cher", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 21 octobre 2021.

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