Retour des loyers encadrés à Paris : "Il n'est pas normal de contraindre les propriétaires sans arrêt"

Le représentant à Paris de l'Union nationale des propriétaires immobiliers, Frédéric Pelissolo, se dit prêt à riposter, après le retour d'une mesure annoncée comme imminente par la mairie de Paris.

Des logements en location à Paris, le 13 octobre 2015 (illustration).
Des logements en location à Paris, le 13 octobre 2015 (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"La conséquence, c’est qu’on décourage les bailleurs privés de mettre en location leur logement", a estimé mercredi 3 avril sur franceinfo Frédéric Pelissolo, président de l'UNPI-Paris (Union nationale des propriétaires immobiliers), alors que Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris, annonce le retour "imminent" de l'encadrement des loyers dans la capitale. "Nous ferons la riposte qui convient", a ajouté le représentant des propriétaires. 

franceinfo : Comment réagissez-vous aux déclarations de Ian Brossat ? 

Frédéric Pelissolo : C’est une très mauvaise nouvelle. Nous nous étions battus pour obtenir la victoire concernant le précédent arrêté d’encadrement des loyers. On a prévu donc d’y retourner, on attend que les textes sortent. Je pense que Monsieur Brossat va un peu vite en besogne. Je ne pense pas que cela puisse se mettre en place aussi vite qu’il le dit, puisqu’il y a un certain nombre de décrets qui doivent sortir. Nous attendons, et nous ferons la riposte qu’il convient.

Vous attaquerez à nouveau en justice ?

C’est clair. D’ailleurs il y a plein de points qui ne vont pas dans le nouveau texte. La loi a prévu une expérimentation de cinq ans. Elle pose problème parce qu’au niveau constitutionnel les lois d’expérimentation ne peuvent concerner que des matières qui ne visent pas des droits constitutionnels. Or, cette loi d’expérimentation sur les loyers atteint le droit de propriété. Et, à Paris, une expérimentation de cinq ans pose des difficultés, car on estime qu’on l’a déjà vécue durant deux ans et demi. Et dans les deux ans et demi où l’encadrement des loyers a été appliqué, il n’y a pas eu d’effet positif. Ce qui est clair, c’est que c’est un combat politique.

Y-a-t-il eu une véritable augmentation des loyers à Paris ?

L’institut Clameur [un observatoire des loyers] a indiqué que la hausse pour 2018 était de 0,6% à Paris alors qu’elle était de 1,7% en Ile-de-France et 1,4% pour toute la France. Paris est revenue, après des augmentations, à des niveaux qui sont inférieurs à l’inflation. Il ne faut pas exagérer le phénomène. Il n’est pas normal de contraindre les propriétaires sans arrêt, parce que la conséquence c’est qu’on décourage les bailleurs privés de mettre en location leur logement. L’encadrement des loyers va contraindre l’offre et pour nous, c’est un véritable problème.