Grève du 6 décembre : Air France, EasyJet, Ryanair et Transavia annulent des vols vendredi

Cheminots, enseignants, soignants… De nombreuses professions manifestent, jeudi, partout en France, contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. 

Un avion Ryan Air à Eindhoven aux Pays-Bas, le 6 mai 2019.
Un avion Ryan Air à Eindhoven aux Pays-Bas, le 6 mai 2019. (NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO)
Ce qu'il faut savoir

La compagnie aérienne Air France a annoncé jeudi 5 décembre l'annulation de 30% de ses vols intérieurs et de près de 10% de ses vols moyen-courrier vendredi, EasyJet, Transavia et Ryanair ont également supprimé des vols, en raison du mouvement de grève contre la réforme des retraites en France.

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La plupart des grandes villes sont concernées. Outre Paris, des manifestations étaient organisées partout dans l'Hexagone. Elles ont débuté dans la matinée à Nantes (Loire-Atlantique), Angers (Maine-et-Loire) ou Laval (Mayenne), à Rennes (Ille-et-Vilaine)... En revanche, à Toulouse, la manifestation n'a lieu qu'à partir de 14 heures. Dans ces villes, les transports et les services publics étaient également perturbés, comme à Lille (Nord), à Montpellier (Hérault), à Strasbourg (Bas-Rhin), à Grenoble (Isère)... 

La grève reconduite "jusqu'à lundi" à la RATP. Au sein de la régie de transports publics franciliens, les syndicats ont voté la reconduction de la grève jusqu'à lundi inclus.

 Circulation très perturbée sur les rails. Les prévisions SNCF pour la journée du jeudi 5 décembre avaient donné le ton : le trafic très perturbé dans toute la France, avec un TGV sur dix en moyenne, 3 à 5% des TER en circulation, ou un train sur dix sur les Transilien. Selon la direction, 85,7% des conducteurs et 73,3% des contrôleurs se sont déclarés grévistes, tandis que la moyenne parmi les salariés de l'entreprise est de 55,6%. Pour la capitale, le trafic à la RAPT, fidèle aux prévisions de la régie, est très perturbé, avec un trafic totalement interrompu sur 10 lignes de métro et des trains uniquement aux heures de pointe sur les RER A et B. La ligne 8, qui devait rester fermée, a finalement ouvert à 6h30 dans sa partie sud-est, avec un train sur quatre aux heures de pointe.

Les retraites au cœur des revendications. C'est la réforme envisagée par le gouvernement de suppression des régimes spéciaux et d'instauration d'un régime de retraite universel par points qui provoque le mécontentement. Selon un sondage Odoxa, près de sept Français sur dix estiment que la mobilisation est justifiée. L'Elysée a annoncé à la mi-journée que "l'architecture générale" de la réforme serait dévoilée la semaine prochaine.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #GREVE

00h09 : Huit Français ont fait face, ce soir, sur le plateau de "Vous avez la parole", sur France 2, à deux ministres, Sibeth Ndiaye et Gérald Darmanin après une journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Voici cinq séquences à retenir de cette émission.

00h06 : @une maman : Ni les syndicats ni le ministère ne disposaient cet après-midi de prévisions sur l'ampleur du mouvement, qui variera d'une école à l'autre. En général, les parents ont été prévenus à l'avance par affichette ou mail si l'enseignant de leur enfant sera présent vendredi.

00h06 : Bonsoir qu'en est-il de la reconduction de la grève dans les écoles demain ? Avez-vous des infos ? Merci !

00h04 : Frédérique Rolet, porte-parole du syndicat de professeurs SNES-FSU, premier syndicat de l'enseignement secondaire se dit "plus que satisfaite" de la mobilisation des professeurs sur franceinfo. Le SNES-FSU veut "ancrer le mouvement dans la durée" et appelle les professeurs à une nouvelle grève mardi 10 décembre.

00h02 : Les syndicats et partis d'opposition ont engagé le bras de fer autour de la future réforme des retraites avec une mobilisation également très forte Outre-mer. Etat des lieux d'Outre-mer 1ère.

23h41 : Merci d'avoir suivi avec nous l'émission "Vous avez la parole" sur France 2. Ce direct reprend une activité normale désormais :)

23h37 : L'émission s'achève un sondage réalisé pendant sa diffusion auprès de 1 002 personnes, qui ont répondu à la question : Sibeth Ndiaye et Gérald Darmanin ont-ils été convaincants ? La réponse est oui à 37%, selon Ispos Sopra Steria.


23h34 : Dernier reportage à être diffusé : "24 heures avec Thierry Moysset". C'est le patron de la Forge de Laguiole. Les salariés de son usine sont inquiets au sujet de la réforme des retraites voulue par le gouvernement. France 2 est parti à leur rencontre.




23h28 : Les jeunes diplômés s’insèrent de mieux en mieux sur le marché du travail, selon l’APEC (Association pour l’emploi des Cadres) : 76% des jeunes ont un emploi six mois après la fin de leurs études. Mais ce tableau radieux cache des disparités croissantes entre les filières. 88% des diplômés en droit, économie et gestion sont en emploi au bout d’un an, soit une hausse de 4 points, quand l’employabilité des diplômés en sciences humaines et sociales baisse de 7 points, à 81%, détaille un article des Echos.

23h28 : "En même temps, statistiquement plus on a un niveau d'études qui est élevé, plus on a de facilités pour trouver un emploi et s'insérer durablement" : c'est ce qu'a affirmé Sibeth Ndiaye face à l'étudiante Océane Ahallal. Dit-elle vrai ? En partie.

23h19 : "J'ai l'impression de me faire balader par les deux ministres qui sont en face de moi, avec un langage qui est pour moi assez incompréhensible, flou. On comprend pas...", a lancé Fleur Bidon, directrice d'école, sur le plateau.



23h21 : "Concrètement ce qui m'attend c'est le flou !"

On passe à la situation des jeunes. Océane Ahallal, étudiante boursière en droit, âgée de 23 ans, réagit à la réforme des retraites. Elle aimerait un système qui permet de cotiser pendant le temps d'études.

23h12 : Jean-François Doridot d'Ispos France intervient pour présenter les résultats d'un sondage sur la réforme et ses conséquences. 47% des personnes interrogées estiment que la pension va diminuer avec la réforme des retraites, ce qui illustre un sentiment général : l'inquiétude.


23h07 : L'un des invités de l'émission "Vous avez la parole" (VALP) est Pierre Schwob Tellier, infirmier et membre du collectif Inter-Urgences. Assez discret, il ne s'est exprimé qu'une seule fois : pour demander une revalorisation des salaires des soignants de 300 euros.

23h03 : Un journaliste du Figaro a vérifié les chiffres avancés par Gérald Darmanin sur les chômeurs. Ils ne correspondent pas à la réalité d'après ses recherches.

22h59 : Les équipes de France 2 l'ont notamment suivi dans une épicerie solidaire. Evelyne Libéral s'est ensuite adressé au ministre Gérald Darmanin : "Vous me disiez : 'Il y a eu des aides'. Les voilà, les gens qui ne les ont pas eu les aides... Ils ont travaillé, ils ont fini leur carrière et aujourd'hui ils sont en épicerie solidaire..."



22h54 : Des journalistes de France 2 ont aussi passé 24 heures avec Evelyne Libéral, "gilet jaune" et autoentrepreneuse. Le reportage est diffusé. Elle parle de ses préoccupations quotidiennes et ses inquiétudes sur sa future retraite. Elle penser toucher 1 100 euros. Pour elle la réforme s'attaque aux femmes. Elle a commencé à travailler à 18 ans.

22h47 : "Foutez-nous la paix !", vient de lancer Xavier Autain, avocat, à Gérald Darmanin. Sa profession est gérée par un régime autonome. Regardez la séquence :



22h44 : Vous ne parlez pas des petits viticulteurs. Exemple concret mon mari viticulteur à cotisé 42 ans les 15 dernières années, nous avons versé une moyenne de 14.000€ par an à la MSA.. Et sa retraite est de 610€ net... oui 610€ . Pouvez-vous vivre et garder votre maison ? vous n'avez pas honte d'étaler votre malheur avec vos 2000 € et plus. Elle est où l'égalité??

22h43 : J'ai 71 ans et je travaille toujours et j'ai commencé à travailler en 1962 comme boulanger pas un travail facile que j'ai fait pendant 30 ans

22h43 : Moi je suis sur mon dossier retraite dans le régime général j'ai toutes mes années mais validées mais pas cotisés chômage maternité résultat 475€ brute 11 ans de fonction publique ils prennent le salaire sans les primes cela fait 310€ brute mais Mr le président prends la CGT merci

22h42 : J'ai 58 ans j'ai mes 42 ans de cotisations depuis juin 2019 j'ai cumulé plusieurs emplois je vais continuer à travailler jusqu'à !!!!pas de souci et je vais toucher 800 euros de retraite

22h42 : Dans les commentaires, vous êtes nombreux à réagir et certains d'entre vous partagent leur situation pour exposer leurs arguments.

22h36 : Astrid Granger est ensuite invitée à prendre la parole. "La réforme des retraites pour notre profession elle est plutôt positive. Mais il faut voir comment elle va être financée", déclare l'agricultrice qui ajoute que "c'est [s]a grande interrogation". "Qu'est-ce que vous allez faire demain pour gagner notre agriculture ?", s'interroge-t-elle également.

22h37 : Petite pause au milieu du débat. France 2 vient de diffuser un reportage : "24 heures avec Astrid Granger, agricultrice". On y voit son quotidien et les difficultés qu'elle rencontre pour maintenir à flots l'exploitation familiale.




22h30 : M Darmanin nous prend vraiment pour des cloches avec la retraite à point. Merci à France 2 de nous avoir montré le discours de Mr Fillon

22h29 : Un extrait d'un discours de François Fillon de 2016 a été diffusé un peu plus tôt dans l'émission. Il n'est pas passé inaperçu pour le journaliste politique de France 2 Guillaume Daret et certains commentateurs dans le direct.

22h29 : Plus d'un fonctionnaire sur quatre était en grève aujourd'hui à 18h (26% exactement) contre la réforme des retraites, selon le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics. La CGT estime à 45% le taux de grévistes dans la seule fonction publique d'Etat.

22h20 : Les deux ministres rappellent régulièrement que la réforme des retraites n'est pas encore finalisée. "La valeur du point sera discutée démocratiquement", vient de promettre, exemple, Sibeth Ndiaye. Le Premier ministre doit d’ailleurs s'exprimer vers le milieu de la semaine prochaine sur "l'architecture générale de la réforme."

22h20 : Retour dans le cortège parisien du jour. Des manifestants ont affirmé à notre journaliste Yann Thompson leur volonté de prolonger la grève "jusqu'à faire plier le gouvernement". "Je garde en tête qu'en 1995, le mouvement contre la réforme des retraites a duré 23 jours. On n'a rien sans sacrifices", assure un représentant Sud dans un entrepôt Lidl en Seine-et-Marne. Voici son reportage.

Des militants du syndicat Sud dans la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, le 5 décembre 2019.


(YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

22h12 : "Moi je vais être dans ma classe jusqu'à quel âge ? 65 ans ?", s'interroge Fleur Bidon. La directrice d'école rappelle la tendance sur l'espérance de vie en bonne santé en France. Elle est de 64,1 ans chez les femmes et 62,7 chez les hommes, en dessous de la moyenne européenne, comme le détaillait Le Monde en février.

22h08 : Fleur Bidon, directrice d'école, est venue sur le plateau avec sa fiche de paie. Elle s'est dit inquiète de perdre "entre 600 et 900 euros" de retraite avec la réforme. "Faire des simulations aujourd'hui, ça n'a aucun sens parce qu'on n'a pas tout poser sur la table", a ensuite répondu Sibeth Ndiaye.

22h06 : @anonyme : C'est ce qu'affirme Le Canard enchaîné du 19 juillet 2017. Selon l'hebdomadaire satirique, le ministre présente faussement sa mère comme ayant été femme de ménage, alors qu'elle était en réalité concierge à la Banque de France. Mais Gérald Darmanin n'a jamais précisé sa situation.

22h06 : Madame Darmanin, mère du Ministre, est à ce jour concierge dans quelques immeubles du domaine immobilier de la Banque de France, et non « femme de ménage ». Sa situation n’est pas si terrible.

22h03 : "On va être impactées et pas qu'un petit peu (...). Vous parlez des femmes M. Darmanin, c'est très bien. (...) Je ne pense pas qu'une femme de ménage puisse aller jusqu'à 67 ans", affirme Evelyne Libéral, "gilet jaune", en référence aux propos de Gérald Darmanin qui citait sa mère en exemple un peu plus tôt dans l'émission.

21h56 : "Quand vous avez une femme sur 5 qui bosse jusqu'à 67 ans pour pouvoir avoir une retraite à taux plein, elle est où la justice à l'intérieur de ce système ?", a répondu tout à l'heure Sibeth Ndiaye à Fabien Villedieu, qui est cheminot. Un journaliste du Figaro explique sur Twitter que l'affirmation est fausse

21h55 : "Comment ça se fait que l'année dernière à la SNCF, il y ait eu plus de 1 000 démissions ? Alors qu'on nous explique que la SNCF c'est le Club Med...", s'est énervé Fabien Villedieu, cheminot et délégué syndical Sud-Rail. En effet, comme le rapporte Le Parisien, "1025 cheminots ont quitté l'entreprise publique" en 2018.



21h55 : Dans ce reportage publié le 14 mai dernier, un syndicaliste de la SNCF avançait déjà que "la SNCF est confrontée à un manque d’attractivité", avec un nombre de candidats passé de 300 000 en 2017 à 200 000 en 2018. Le directeur des ressources humaines du groupe avait confirmé : "Pendant le conflit social, nous avons reçu moins de candidatures".

21h55 : La SNCF a-t-elle du mal à recruter comme ce cheminot l'affirme ? Effectivement, l'entreprise ferroviaire avait lancé une opération séduction face à "une pénurie de candidatures" dans certains secteurs, au printemps. Le Monde avait suivi durant deux jours, "des candidats, diplômés ou non, se sont rendus à Paris, où la SNCF organisait un forum emploi pour embaucher 4 500 cheminots en CDI".

21h51 : "On a en marre d'être stigmatisés en permanence. Les collègues ils sont chauffés à blanc, là. On n'en peut plus."

Avec un ton vif, Fabien Villedieu regrette que les cheminots soient stigmatisés et refuse d'être "désigné comme représentant des régimes spéciaux". "La SNCF a du mal à recruter", martèle-t-il. Ce que dément immédiatement Gérald Darmanin.

21h49 : "Passez un mois à conduire un bus, vous verrez... Il ne faut pas dire n'importe quoi !" Le ton est légèrement monté entre Philippe Martinez et Sibeth Ndiaye :

21h46 : "Le sujet est anxiogène. Certains n'étaient pas dans la rue, mais ils s'en préoccupent."

Dominique Carlac'h, porte-parole et vice-présidente du Medef, intervient dans le débat de cette première partie d'émission , qui porte sur la fin des régimes spéciaux.

22h16 : "Eh bien de toute évidence, nous n'avons pas réussi, depuis quelque temps que nous discutons de cette réforme, à rassurer et à convaincre les Français", a concédé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Elle réagissait à un sondage Ispos Sopra Steria selon lequel ceux qui soutiennent la grève du 5 décembre s'opposent à 30% contre la réforme des retraites et à 70% à la politique du gouvernement.