Age pivot, conférence de financement, blocages de raffineries... Trois choses à retenir de l'interview d'Edouard Philippe sur la réforme des retraites

Le Premier ministre reçoit mardi les partenaires sociaux au 34e jour de grève contre son projet de réforme.

Le Premier ministre Edouard Philippe, le 19 décembre 2019 à Paris.
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 19 décembre 2019 à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Dans quel état d'esprit Edouard Philippe va-t-il recevoir syndicats et patronat, mardi 7 janvier ? Invité de RTL à quelques heures d'un nouveau round de négociations, et alors que le conflit contre la réforme des retraites en est à son 34e jour, le chef du gouvernement s'est dit déterminé à faire "le maximum pour que ça aille vite".

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Le Premier ministre s'est également exprimé sur la "ligne rouge" que représente pour la CFDT l'introduction d'un âge pivot dans la réforme, ainsi que sur les blocages de raffineries prévus par la CGT pour peser dans le conflit. Franceinfo revient sur les trois points à retenir de l'interview d'Edouard Philippe.

Sur l'âge pivot : "Je ne suis fermé sur aucune modalité"

Farouchement opposée à l'instauration dans la réforme d'un âge pivot pour inciter à travailler plus longtemps, la CFDT a basculé le 11 décembre dans le camp des opposants au projet. Un coup dur pour le gouvernement, qui espérait pouvoir s'appuyer sur ce syndicat réformiste pour faire accepter son texte. Signe que le sujet ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a suggéré un malus limité dans le temps en cas de départ à la retraite avant cet âge d'équilibre, et non à vie.

"Je ne suis fermé sur aucune modalité", a affirmé Edouard Philippe, rappelant qu'il ne voulait pas d'une réforme "irresponsable""L'équilibre du système [de retraites] doit être garanti" et "je propose de le garantir par la mise en place d'un âge pivot", a poursuivi Edouard Philippe. "Mais si les organisations syndicales et patronales s'entendent pour un meilleur système, je le prendrai", a-t-il conclu. 

Le projet de loi du gouvernement sera examiné en Conseil des ministres le 24 janvier, a par ailleurs confirmé le Premier ministre.

Sur la conférence de financement proposée par la CFDT : "C'est une bonne idée"

Tout en appelant à ce que "chacun bouge un peu" afin de parvenir à un "compromis" sur la réforme des retraites, Edouard Philippe a qualifié de "bonne idée" la conférence de financement proposée par Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui espère ainsi éviter la mise en place de l'âge pivot tout en garantissant l'équilibre du futur système de retraites.

"Je trouve que c'est une bonne idée, a réagi le Premier ministre. Je ferai des propositions aux organisations syndicales dans deux heures qui nous permettront peut-être de donner un contenu, un calendrier, un mandat à cette conférence de financement, et donc d'avancer."

Sur les actions dans les raffineries : "Il n'est pas légal de bloquer"

Alors que la CGT-Chimie a appelé à bloquer raffineries et terminaux pétroliers de mardi à vendredi pour faire plier le gouvernement, Edouard Philippe a indiqué qu'il avait demandé aux préfets de mobiliser les forces de l'ordre "pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de blocages" de dépôts de carburants ou de raffineries, au 34e jour de mobilisation contre la réforme des retraites.

"Nous veillons à ce qu'il n'y ait pas de difficultés d'approvisionnement", a souligné le Premier ministre sur RTL. "Je ne redoute pas du tout des problèmes d'approvisionnement", a-t-il assuré.

Si "le droit de grève est parfaitement respectable et constitutionnel", "le droit de blocage est parfaitement illégal, donc il n'est pas légal de bloquer des dépôts", a-t-il insisté, en remarquant que sur les 200 dépôts pétroliers français, "un ou deux ont été bloqués" jusqu'ici.