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Grève SNCF : quels sont les points de blocage ?

Le mouvement de grève à la SNCF a été reconduit pour la troisième journée consécutive, vendredi 13 juin. Deux syndicats refusent toujours la réforme ferroviaire du gouvernement.

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Gilbert Carrel, le leader de la CGT-cheminots, à la sortie des négociations au ministère des Transports, à Paris le 12 juin 2014. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le mouvement social à la SNCF menace de s'éterniser. Vendredi 13 juin, c'est la troisième journée consécutive de grève dans toute la France. Alors que jeudi, une sortie de crise s'amorçait, les propositions de gouvernement ne satisfont toujours pas une partie des cheminots. Les syndicats CGT et Sud-Rail, à l'initiative de la grève, appellent à "poursuivre et amplifier le mouvement".

Francetv info revient sur les raisons de ce blocage.

La fusion SNCF-RFF

La réforme ferroviaire prévoit de réunir la SNCF, qui gère les trains d'une part, et Réseau ferré de France (RFF), qui s'occupe des rails et des infrastructures, d'autre part. L'objectif est d'éviter les couacs, comme la polémique sur les TER trop larges. Ainsi, le texte veut mettre en place la création d'une holding de tête, la SNCF "avec deux filiales : l’une, SNCF Réseau, pour la gestion du réseau ; l’autre, SNCF Mobilités, pour la circulation des trains", explique Slate. 

Mais pour les syndicats, cette réforme ne va pas assez loin. Ils réclament "une réelle réunification du système (...) pour un meilleur service public voyageurs et marchandises dans une entreprise unique : la SNCF", rapporte L'Humanité. Dans les négociations, le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, a proposé "l'ajout dans le projet de loi d'une mention qui rendrait le groupe 'indémontable'", relaie Le Figaro.

La dette ferroviaire et l'emploi

La question de la dette ferroviaire est l'autre volet sur lequel la CGT et Sud-Rail n'obtiennent pas satisfaction. Les syndicats souhaitent que l'Etat reprenne la dette de RFF et de la SNCF, qui est estimée à 40 milliards d'euros.

Le texte, lui, entend stabiliser la dette du ferroviaire avec ce rapprochement entre la SNCF et RFF ; la réforme prévoit ainsi une économie de 1,5 milliard d'euros par an, détaille Le Nouvel Observateur. Mais Sud-Rail et la CGT la refusent : ils redoutent que ces économies se fassent au détriment de l'emploi. Pas question pour eux que le financement futur du réseau s'effectue "sur le dos des cheminots".

Toutefois, les syndicats saluaient jeudi des avancées sur ce dossier : "Le gouvernement évoque enfin la question liée au financement et au traitement de la dette à travers d'éventuelles nouvelles sources de financement avant fin 2014", écrit L'Humanité. Preuve pour eux qu'il faut maintenir la pression sur le gouvernement.

Le calendrier parlementaire

C'est un autre point d'achoppement. Alors que la réforme parlementaire doit être discutée à l'Assemblée nationale à partir de mardi 17 juin, la CGT et Sud-Rail demandent un report du texte. "Si le gouvernement recule, reporte l'examen du projet de loi et ouvre le dialogue social pour une nouvelle réforme, nous sommes prêts à revenir à la table des négociations" a déclaré Nathalie Bonnet, représentante de Sud-Rail. Le syndicat avait claqué la porte du ministère jeudi.

Or, Frédéric Cuvillier n'envisage pas un report. Sur France Info , le secrétaire d'Etat aux Transports assure que le "dialogue social n'est pas terminé", mais il avertit : "C'est le Parlement qui fait la loi".

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