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Travail le dimanche : ce que répond le gouvernement aux attaques de la gauche

La socialiste Martine Aubry et le cofondateur du parti de gauche Jean-Luc Mélenchon font partie des personnalités qui s'opposent à la réforme défendue par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

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France Télévisions
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Le Premier ministre Manuel Valls (à gauche) et le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, sur le perron de l'Elysée, à la sortie du Conseil des ministres, le 10 décembre 2014. (MARTIN BUREAU / AFP)

La gauche se déchire sur la réforme du travail dominical prévue par le projet de loi Macron, discuté à l'Assemblée nationale, mercredi 10 décembre. Francetv info revient sur les critiques formulées par certaines personnalités de l'aile gauche du PS et du Parti de gauche et sur les réponses apportées par le gouvernement.

"Une régression pour la société"

L'attaque. Martine Aubry, la maire de Lille, signe une tribune dans Le Monde, mercredi, pour faire part de son opposition au gouvernement. "Veut-on faire de la consommation – encore plus qu'aujourd'hui – l'alpha et l'oméga de notre société ? La gauche n'a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l'accumulation de biens de grande consommation ?" s'interroge l'ancienne ministre du Travail, qui affirme que "le dimanche doit être un temps réservé pour soi et pour les autres".

La réponse. Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, estime, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, mercredi, que c'est "une loi de progrès". Selon lui, le texte doit "redonner de la vitalité à l'économie française" et "n'enlève rien à personne".

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"La sacralisation de la société de consommation"

L'attaque. Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche (PG), estime mercredi, dans une interview au Monde, que "le travail du dimanche, c'est le productivisme avec un P majuscule, la sacralisation de la société de consommation". Il appelle dès lors à une journée de mobilisation contre l'extension du travail du dimanche prévue par le projet de loi Macron, sans en fixer la date. "Ce serait aux syndicats de porter cette mobilisation. Soit ils se mettent d'accord pour nous rassembler un week-end (...), soit il faut en prendre l'initiative ailleurs."

Selon l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle, "il faut tracer une ligne d'arrêt sur laquelle nous pourrions remporter une victoire contre le libéralisme". Et de conclure : "Ce point d'arrêt, c'est la loi Macron."

La réponse. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron défend une loi pragmatique qui permet de "préserver des équilibres territoriaux". François Rebsamen, ministre du Travail, affirme qu'il s'agit de protéger les salariés. Selon lui, la réforme permet de "redonner de la souplesse à un régime actuel qui est inégalitaire, rigide et qui a entériné des ouvertures qui étaient illégales".

"C'est un choix de société, ce n'est pas le nôtre"

L'attaque. Pour l'un des chefs de file des frondeurs du Parti socialiste, Christian Paul, les ouvertures dominicales poussent à "l'hypermarchandisation" de la société : "Le ministre [de l'Economie] me paraît confirmer ce que Manuel Valls a dit dimanche soir, c'est-à-dire l'ouverture de 12 dimanches par an, ce qui est effectivement intentatoire à la vie de famille, à la possibilité de garder du temps pour soi. C'est un choix de société, ce n'est pas le nôtre."

Et le député socialiste n'a pas hésité à affirmer "qu'en l'état du texte, s'il est maintenu jusqu'à demain tel qu'il est aujourd'hui, nous voterons contre" lorsqu'il sera présenté à l'Assemblée nationale le 22 janvier.

La réponse. Dans un communiqué, Bercy tente de rassurer et écrit que seules "quelques zones d'activité très touristiques" et "quelques gares" sont concernées par "le travail en soirée et le dimanche", et que cela "conduira à des créations de milliers d'emplois supplémentaires". "Il n'est pas question de banaliser le travail du dimanche, le repos dominical reste essentiel", a assuré Manuel Valls, lors de la présentation du projet de loi, mercredi. 

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