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Pourquoi les patrons lancent un "cri d'alarme" à Hollande et Valls

Huit organisations patronales ont adressé une lettre ouverte à l'exécutif dans le "Journal du Dimanche". Décryptage. 

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France Télévisions
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François Hollande (G) et Pierre Gattaz, patron du Medef, le 21 janvier 2014 à l'Elysée à Paris.  (PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP )

Ni plus ni moins qu'un "cri d'alarme". Dans le Journal du Dimanche du 29 juin, les dirigeants de huit organisations patronales interpellent le duo exécutif. En "citoyens français inquiets pour l'avenir de leur pays", les chefs de file du Medef, de la CGPME, de l'UPA (artisanat), de la FNSEA (agriculteurs), de l'UNAPL (professions libérales), de l'AFEP (grandes entreprises), de Croissance + (entreprises à forte croissance) et d'ASMEP-ETI (entreprises de taille intermédiaire) demandent "dans l'action, une politique en faveur de la croissance et de l'emploi". Francetv info vous explique les raisons de leur mobilisation. 

Parce qu'ils attendent l'application du pacte de responsabilité 

Après des débuts houleux avec les chefs d'entreprise, le tournant social-démocrate de François Hollande lui a permis de se réconcilier avec le patronat. Du moins, en apparence. Les "discours ont redonné espoir aux entrepreneurs et aux entreprises", mais "nous constatons que les actes ne suivent pas toujours les discours", attaquent les huit organisations dans le JDD, appelant à "trois actes concrets". 

Particulièrement attendue des patrons : la mise en œuvre du pacte de responsabilité, qui prévoit une baisse des charges et de la fiscalité des entreprises en contrepartie d'objectifs d'embauches non chiffrés. Ils souhaitent la voir inclue "de manière explicite et rapidement" dans la loi. Et de marteler : "Cela signifie des textes qui programment clairement sur les trois prochaines années les trajectoires de baisse du coût du travail et de la fiscalité."

Au passage, les signataires égratignent les décrets prévus sur la pénibilité, "pas assez travaillés", "inapplicables et coûteux", ainsi que les dispositions sur le temps de travail, dont la durée minimale doit passer à 24 heures par semaine le 1er juillet.

Parce qu'ils veulent peser face aux "frondeurs" du PS

Pas question de laisser le Pacte de responsabilité détricoté par les frondeurs socialistes. Alors que l'Assemblée nationale étudie le collectif budgétaire censé concrétiser les promesses du pacte ainsi que les 50 milliards d'économies annoncés par l'exécutif, gauche du PS, Verts et Front de gauche s'allient pour faire passer les nombreux amendements qu'ils ont déposés. 

Du coup, les patrons réclament un "moratoire" sur tout texte susceptible de durcir la réglementation, d'augmenter les contrôles ou les sanctions sur les entreprises. Mais aussi et surtout des réformes structurelles "qui permettront une baisse rapide et durable des dépenses publiques". Ils ajoutent : "Il faut accepter de regarder enfin les blocages structurels, de toucher à des tabous ou des dogmes, de moderniser, de capitaliser sur les fonctionnaires et leur envie de faire..."

De surcroît, le patronat regrette que le Sénat ait repoussé sine die l'examen de la réforme territoriale.  

Parce que le contexte syndical est tendu

À une semaine de la "conférence sociale" des 7 et 8 juillet, les chefs d'entreprise jettent leurs dernières forces dans la bataille. Le Medef, l'Union professionnelle artisanale (UPA) et la CGPME notamment, ont menacé de ne pas y participer, pour protester notamment contre les contraintes liées à la prise en compte de la pénibilité du travail. "Y a-t-il un quelconque intérêt à participer à la conférence sociale ? C'est une vraie question", s'interrogeait le Medef.

En réaction, la CFDT a menacé de mettre fin au pacte de responsabilité. "S'il ne participe pas au sommet social, il faudra mettre fin au pacte de responsabilité", qui baisse le coût du travail pour les entreprises, a martelé le numéro un du syndicat réformiste, Laurent Berger. Tandis que la CGT et FO redoutent de "cautionner le pacte" en participant aux réunions. "Cette conférence sociale va déboucher sur des attaques comme les deux précédentes: la première a donné naissance à la réforme du marché de l'emploi, la deuxième à la contre-réforme des retraites", dénonce Gabriel Gaudy, numéro un de FO en Ile-de-France.

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