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FagorBrandt dépose le bilan et espère un nouveau départ

Le groupe d'électroménager demande sa mise en redressement judiciaire. Près de 2 000 emploissont menacés en France. "C'est la moins pire des solutions", estiment les syndicats.

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Des employés de FagorBrandt, le 6 novembre 2013 à La Roche-sur-Yon (Vendée), quelques minutes après l'annonce du dépôt de bilan de l'entreprise. (FRANK PERRY / AFP)

FagorBrandt annonce être en cessation de paiement. Le fabricant d'électroménager, filiale française du groupe espagnol Fagor, dépose le bilan et demande sa mise en redressement judiciaire, annonce la direction mercredi 6 novembre. Francetv info fait le point sur ce dossier.

Quelles sont les annonces de la direction ?

"FagorBrandt a annoncé son intention de déposer une cessation des paiements avec placement de l'entreprise sous protection judiciaire", a déclaré Thierry Léonard, directeur général de FagorBrandt, précisant que la demande sera déposée d'ici à jeudi soir au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine). "La mise en redressement judiciaire doit permettre à FagorBrandt de poursuivre sa recherche de solutions visant la continuation de son activité tout en préservant au mieux l'emploi, les intérêts de ses fournisseurs et de ses partenaires."

Les jours de FagorBrandt, cinquième fabricant européen d'électroménager, étaient comptés depuis que la coopérative basque Mondragon a renoncé, il y a une semaine, à sauver le groupe, qui compte 5 700 emplois en Espagne, France, Pologne, Maroc et Chine. En pré-dépôt de bilan depuis le 16 octobre, le groupe espagnol, asphyxié par une dette de 800 millions d'euros, a également fait savoir qu'il allait déposer le bilan.

La filiale française emploie plus de 1 870 personnes et compte quatre usines, à Aizenay et La Roche-sur-Yon (Vendée), à Vendôme (Loir-et-Cher) et à Orléans (Loiret). Fagor compte aussi 342 salariés à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), 235 à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), centre du service après-vente, et 40 à Lyon dans une unité de recherche et développement. Les usines orléanaise et yonnaise sont déjà au chômage technique depuis le 14 octobre.

Comment les syndicats ont-ils réagi ?

Mal, évidemment. La décision a été soumise à l'avis des organisations syndicales, qui ont toutes voté contre lors d'un comité d'entreprise exceptionnel tenu au siège de Rueil-Malmaison. Mais les représentants du personnel veulent croire qu'il s'agit d'un point de départ pour un renouveau de la filiale française, qu'ils estiment rentable. Christian Legay, représentant du syndicat CFE-CGC, estime ainsi que "la cessation de paiement doit nous aider à rebondir et prendre un nouveau départ (…), on croit vraiment à la viabilité de l'entreprise, qui a un savoir-faire, des marques prestigieuses."

"Il n'y a rien de perdu, au contraire", a ajouté Philippe Breger, de la CGT. La mise en redressement "gèle les dettes et devrait nous permettre de redémarrer les sites de production dans les prochaines semaines", à commencer par ceux produisant les appareils de cuisson (Orléans, Vendôme, Aizenay), "la priorité", selon lui.

Quel avenir pour Fagor ?

Interrogé sur un repreneur potentiel, Thierry Léonard, le directeur général de FagorBrandt, est resté évasif : "Nous ne pensons à personne en particulier, mais des marques d'intérêt se manifestent depuis quelques jours". "Nous sommes rentrés dans une seconde phase qui doit permettre de trouver une solution", a-t-il assuré. Tout va dépendre de la décision du tribunal de commerce, mais si un redressement judiciaire est décidé, "ça protège les salaires de novembre et décembre, explique Xavier Lucet, représentant de FO. Après, il faut trouver de l'argent, soit des banques - on y croit moyennement - soit de repreneurs extérieurs".

Face à cette situation, les gouvernements français et espagnol veulent unir leurs forces "pour organiser une reprise des activités", selon Arnaud Montebourg, qui s'est exprimé mercredi à l'issue du Conseil des ministres. "Les deux gouvernements ont décidé de conjuguer leurs efforts pour trouver des solutions de financement de toutes natures, de manière à ce que nous puissions sauver le maximum de sites et préserver le plus possible d'emplois", a ajouté le ministre du Redressement productif.

Le ministre de l'Emploi, Michel Sapin, a indiqué quelques heures plus tard que l'Etat "fera en sorte que le plus possible" de salariés de FagorBrandt "puissent s'en sortir", lors d'une interview sur France 3 Aquitaine : "Il va falloir que le tribunal, et l'Etat, et d'éventuels repreneurs puissent travailler très concrètement. Beaucoup de ces salariés avaient déjà été entraînés dans les difficultés au moment de Moulinex. Ils avaient pu s'en sortir, nous ferons en sorte que le plus possible puissent s'en sortir."

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