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L'entreprise de transport Mory Ducros est placée en redressement judiciaire

Le tribunal de Pontoise doit nommer un administrateur judiciaire à la tête de cette société de transport de colis de 5 000 salariés.

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Un site du transporteur de colis Mory Ducros, à La Riche, près de Tours (Indre-et-Loire), le 22 novembre 2013. (MAXPPP)

Le tribunal de commerce de Pontoise (Val-d'Oise) a placé en redressement judiciaire, mardi 26 novembre, le numéro deux français du transport de colis, Mory Ducros, en vue de trouver un repreneur, après l'annonce vendredi de son dépôt de bilan. Francetv info revient sur la faillite et la procédure lancée par le groupe. Et sur ce qui l'attend.

Que va-t-il se passer ?

Après l'annonce de la mise en redressement judiciaire, le tribunal de commerce a désigné deux administrateurs judiciaires, dont l'un chargé spécialement de faire le lien avec les quelque 5 000 salariés. Ces agents vont devoir observer la société de transport de messagerie qui a six mois pour surmonter ses difficultés et trouver un repreneur. 

L'article L631-1 du Code de commerce prévoit que "la procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif". Tout est donc encore possible dans cette configuration.

Que dit la direction ?

"Cette période d'observation est l'occasion d'élaborer avec le soutien des pouvoirs publics une solution pour l'avenir", a déclaré André Lebrun, président d'Arcole Industries, propriétaire de Mory Ducros. Aujourd'hui, "il est essentiel de conserver la confiance de l'ensemble des clients", a-t-il ajouté. Et le dirigeant s'est également employé à rassurer les employés : "les salaires seront payés, 13e mois compris".

Dans un communiqué, la direction de Mory Ducros assure qu'elle vise "une solution de reprise globale". Mory Ducros et Arcole Industries se disent "convaincus de la possibilité de bâtir un périmètre viable au sein du groupe", sans préciser les contours d'un éventuel plan de restructuration.

Comme elle l'a fait quelques jours auparavant, la direction affirme que "des investisseurs de premier plan, industriels et financiers, ont d'ores et déjà marqué leur intérêt". D'après elle, ces contacts laissent "penser qu'un projet de reprise pourrait être présenté rapidement".

Que disent les salariés ?

"L'objectif est maintenant de sauver l'entreprise et un maximum d'emplois. Tout le monde va se retrousser les manches (...) et dès demain tout le monde repart au boulot pour rassurer les clients", a affirmé le secrétaire du comité d'entreprise, Denis Jean-Baptiste (CFDT), qui s'exprimait au nom de tous les syndicats. 

De nombreux salariés craignent des suppressions d'emplois massives, même en cas de reprise de l'entreprise. Ils ont manifesté, mardi, dans toute la France. La CFDT estime qu'il sera possible de ne sauver que 3 000 emplois sur les 5 000 salariés. 

Dans une lettre publiée lundi et adressée à la direction du groupe (PDF), la CFDT met directement en cause le PDG, également président d'Arcole Industries, spécialisée dans la reprise de sociétés en difficultés, et actionnaire majoritaire de Mory Ducros. "Quand vous avez repris Ducros Express en juin 2010, nous étions 2 700 salariés. Vous nous aviez annoncé des lendemains qui chantent. Aujourd'hui, c'est vous qui êtes au banc des accusés", écrit le syndicat.

Que dit le gouvernement ?

Le Premier ministre se montre confiant, contrairement à d'autres membres de l'exécutif. Alors que Jean-Marc Ayrault a assuré que le gouvernement était mobilisé, ses ministres Arnaud Montebourg (Redressement productif), Frédéric Cuvillier (Transports) et Michel Sapin (Travail), se sont montrés pessimistesIls veulent "rencontrer au plus vite" les partenaires sociaux du groupe afin "d'étudier avec eux l'ensemble des hypothèses en présence".

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