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SNCM : pourquoi la CGT suspend le mouvement de grève ?

Si le syndicat a obtenu un moratoire de quatre mois concernant le placement de la compagnie maritime en redressement judiciaire, d'autres facteurs expliquent la fin de ce mouvement social qui a duré 17 jours.

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Le ferry Danielle Casanova de la SNCM dans le port de Marseille, le 4 juillet 2014. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

La SNCM sort de la crise. Les marins de la compagnie maritime ont suspendu, jeudi 10 juillet, leur mouvement de grève qui durait depuis 17 jours. Les grévistes craignent un placement en redressement judiciaire de cette société, dont l'Etat possède 25% des parts, qui rencontre de graves difficultés financières et à qui Bruxelles réclame la restitution de 400 millions d'euros, au titre d'aides publiques indûment perçues.

Depuis plus de quinze jours, les navires assurant la liaison entre la Corse et le continent sont bloqués dans les ports entrainant des tensions sur l'Ile de Beauté et le continent. Manuel Valls dénonçait, mercredi 9 juillet, une grève qui "remet en cause la survie même de l'entreprise et la survie même de l'économie corse".

Entre réunions, coups de pression et compromis, Francetv info analyse cette sortie de crise qui n'assure pas pour autant l'avenir de la compagnie maritime.

La CGT Marins a obtenu un moratoire

Les syndicats ne veulent pas entendre parler d'un passage devant le tribunal de commerce. La CGT a déclaré, mercredi 9 juillet, avoir obtenu un moratoire jusqu'à fin octobre, "excluant dans l'immédiat la perspective d'un redressement judiciaire pour la compagnie", souligne Le Figaro. 

Le syndicat a donc déclaré dès mercredi être "en capacité de proposer une reprise du travail". Cette annonce a été entérinée jeudi matin en assemblée générale. Dans une copie du compromis que s'est procuré l'AFP, les conditions du moratoire sont précisées : "La SNCM s'engage pendant l'élaboration du plan industriel et le travail sur les chantiers jusqu'à la fin des travaux, à ne pas engager de procédure judiciaire, sauf situation de cessation de paiement."

Néanmoins, jeudi matin, le délégué syndical SNCM de la CGT Marins Frédéric Alpozzo a décidé de maintenir la pression. "Maintenant, notre exigence, c'est que (Manuel Valls) doit recevoir les organisations syndicales dans les heures qui viennent. (...) On a besoin de clarification de sa part. Il doit revoir sa position antirépublicaine, qui renie le dialogue social", a-t-il martelé.

Par ailleurs, "le préavis est retiré, mais si d'ici à décembre, aucune solution pérenne n'était trouvée, ce que nous ne souhaitons pas, il pourrait y avoir le dépôt d'un nouveau préavis", a prévenu le syndicaliste.

Véolia est prêt à céder sa participation pour 1 euro

Le patron de Veolia Environnement, Antoine Frérot, a confirmé, jeudi 10 juillet, être prêt à céder pour 1 euro sa participation au capital de la SNCM détenue par Transdev, société appartenant à parts égales à Veolia et à la Caisse des dépôts (CDC), qui possède 66% du capital de la compagnie maritime.

Mais Antoine Frérot estime que, pour sauver la liaison entre Marseille et la Corse, la solution passe par un redressement judiciaire. Le Monde rappelle que c'est également la solution privilégiée par Manuel Valls. "La vérité oblige à dire aux salariés que cette situation ne peut plus durer et qu'il faut un redressement judiciaire parce que cette entreprise est en train de couler", a déclaré le Premier ministre cité par le quotidien. 

La situation est explosive en Corse

Sur l'lle de Beauté, les représentants du monde économique sont excédés par ces 17 jours de grève en pleine période touristique. "C'est catastrophique", selon Pierre Paul Alfonsi, président de l'Union des métiers et des industries de l'Hôtellerie des Bouches-du-Rhône, cité par le Nouvel Obs. Ce dernier assure que sa propre brasserie a subi une baisse de 35% des résultats.

Jean-Luc Chauvin, président de l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône estime, de son côté, que "le conflit représente d'ores et déjà une perte de 10 millions d'euros pour l'économie du territoire".

Face à cette situation, entre 600 et 700 personnes se sont réunies devant la préfecture de Haute-Corse, à Bastia, mercredi 9 juillet, relaie France 3 Corse ViaStella. "Venus avec des camions chargés, ils ont commencé à déverser près d'une tonne de fruits invendus devant le bâtiment", détaille la chaîne.

Quelques jours plus tôt, une évacuation musclée avait eu lieu à la préfecture. Le préfet avait déploré "des incidents regrettables", selon France 3 Corse ViaStella. Mais jeudi matin, la tension est redescendue d'un cran. Le Kalliste, navire de la Méridionale qui assure la liaison entre Marseille et la Corse, bloqué par des marins de la CGT de la SNCM depuis le 1er juillet, a été libéré. Le navire a appareillé vers 11 heures, a-t-on appris auprès de la Méridionale, "pour une traversée de jour non prévue". Et il devrait permettre à certains commerces corses de se réapprovisionner.

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