Augmentation des salaires dans le secteur de la propreté : "Les entreprises sont prêtes à aller plus loin sauf que l’on ne peut donner que ce que l’on a"

Les salariés "de la deuxième ligne" encensés par le président de la République pendant le premier confinement attendent toujours la reconnaissance promise. Les entreprises de la propreté sont disposées à revaloriser leurs salaires, à condition que l’État, les collectivités territoriales et les hôpitaux publics, leurs principaux clients, cessent de casser les prix.

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Radio France
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Une salariée de la propreté au travail (illustration). (THIERRY GACHON / MAXPPP)

Un an et demi après le début de la crise sanitaire du Covid-19, les 4,6 millions de salariés dit "de la deuxième ligne" attendent toujours la reconnaissance salariale promise par Emmanuel Macron. Sous l’impulsion du ministère du Travail, plusieurs branches professionnelles ont commencé à travailler sur la question des salaires, des conditions de travail, de l’évolution de carrière ou de la formation. C’est le cas du secteur de la propreté, qui emploie un demi-million de salariés.

L’an prochain, les salariés de la propreté vont donc bénéficier d’une petite augmentation : le salaire horaire de base va passer de 10,56 euros à 10,73 euros, soit 17 centimes de plus pour un temps plein. La prime annuelle sera portée à 225 euros, c'est 50 euros de plus. La prime transport, elle, augmente de 9%. Cet accord de branche, a été signé par FO et la CGT, mais pas par la CFDT qui le juge "indécent". Philippe Jouanny, le président de la Fédération des entreprises de propreté se défend : "On a signé un certain nombre d’accords qui pèsent sur l’amélioration des conditions de travail de nos salariés cette année, sur la formation, sur les salaires. Les entreprises de propreté sont prêtes à aller plus loin sauf que l’on ne peut donner que ce que l’on a." 

L’État, les collectivités territoriales mis en cause

Car pour changer la donne, il faut que ceux qui achètent les prestations de ménage arrêtent de casser les prix. Premiers visés : l’État, les collectivités territoriales et les hôpitaux publics. Ce que reconnaît Élisabeth Borne, la ministre du Travail. "C’est important que les acheteurs, qu’ils soient publics ou privés, soient attentifs à avoir des clauses sociales dans leurs appels d’offre, pour ne pas choisir finalement le moins-disant. On va travailler avec la branche propreté qui a des propositions à faire. En tous cas, la volonté du gouvernement est clairement de s’assurer que ces marchés ne tirent pas les prix et donc les conditions de travail vers le bas" , assure la ministre.

Faire évoluer les pratiques, les donneurs d’ordre s’y sont engagés mercredi en signant une charte. Le "recours plus important au travail en journée/en continu" et la lutte active "contre les logiques de moins-disant, en privilégiant les offres qui proposent le plus d’innovations sur les aspects sociaux et la contribution sociétale en les rétribuant au juste prix" font notamment partie des engagements pris.

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