Le médiateur national de l'énergie "appelle à ce qu'on encadre plus strictement" le démarchage téléphonique

Les fournisseurs d'énergie reprennent le démarchage téléphonique alors que les prix de l'énergie baissent et surtout, alors que les tarifs réglementés du gaz seront supprimés à partir du 1er juillet. Le médiateur national de l'énergie appelle ce vendredi à la vigilance face à certains démarcheurs qui "racontent un peu n'importe quoi".
Article rédigé par France Info
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le médiateur national de l'énergie regrette que certains démarcheurs "se présentent parfois comme étant mandatés par le médiateur de l'énergie ou le gouvernement". (JEAN-LUC FLEMAL / MAXPPP)

"J'appelle à ce qu'on encadre plus strictement" le démarchage téléphonique, a déclaré vendredi 19 mai sur franceinfo Olivier Challan Belval, médiateur national de l'énergie, une autorité indépendante de conseil en matière d’énergie. Avec la baisse des coûts de l’énergie, les fournisseurs d'énergie ont repris le démarchage téléphonique et il est parfois extrêmement agressif.

>> Démarchage téléphonique : ce qu'il faut savoir des nouvelles règles à partir du 1er mars 2023

franceinfo : Le démarchage est autorisé. En quoi cela pose-t-il problème ?

Olivier Challan Belval : Il est autorisé, mais la difficulté c'est que bien souvent les démarcheurs, pour vendre leur produit, racontent un peu n'importe quoi, inventent des choses, se présentent même parfois comme étant mandatés par le médiateur de l'énergie ou le gouvernement. Ils essaient de placer des offres qui ne sont pas intéressantes pour le consommateur.

"De temps en temps, il y a des pratiques mensongères, frauduleuses, qui induisent le consommateur en erreur"

Olivier Challan Belval, médiateur national de l'énergie

à franceinfo

Faut-il de nouvelles règles pour encadrer le démarchage ?

Oui, je l'ai proposé il y a trois ans et je le propose régulièrement. J'ai proposé qu'on interdise le démarchage mais le gouvernement n'a pas souhaité procéder de cette façon. Aujourd'hui, il est autorisé, et j'appelle à ce qu'on l'encadre plus strictement.

Comment s'explique cette recrudescence de démarchage ?

Les prix sur les marchés de gros de l'énergie sont en train de baisser un peu et donc les fournisseurs commencent à avoir des opportunités et la possibilité de faire des offres. Il y a aussi le fait qu'à la fin du mois de juin, les tarifs réglementés de vente de gaz seront supprimés et donc les clients devront choisir une offre.

>> Gaz : "Ce n’est franchement pas le moment de supprimer" le tarif réglementé "en plein chaos du marché de l'énergie", plaide une association auprès d'Emmanuel Macron

Que se passe-t-il au niveau tarif si le consommateur ne fait rien fin juin ?

Il sera automatiquement basculé sur une offre passerelle, dont le prix sera certainement moins intéressant que les tarifs réglementés. Mais personne ne sera coupé.

Que conseillez-vous aux consommateurs qui bénéficient du tarif réglementé ?

Il va falloir changer d'offre parce que l'offre passerelle qui va être offerte à partir du 1er juillet sera moins intéressante. Il existe des offres qui sont moins élevées que le tarif réglementé. Je conseille de regarder et de se renseigner avant de souscrire une offre. Sur le site du médiateur de l'énergie, il y a un comparateur d'offres qui vous donne la liste des fournisseurs et des offres.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.