Énergies renouvelables : un sommet en Belgique pour faire de la mer du Nord la "centrale énergétique verte" de l'Europe

Le défi de ce sommet de la mer du Nord, lundi, est double : augmenter la part des énergies renouvelables et sabrer la dépendance énergétique avec la Russie.
Article rédigé par France Info - Armêl Balogog
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Un parc éolien offshore allemand en mer du Nord. (TOBIAS SCHWARZ,- / AFP)

Emmanuel Macron participe, lundi 24 avril, au sommet de la mer du Nord en Belgique. Sont également présents les dirigeants de six autres pays de l'Union européenne (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Danemark et Luxembourg), ainsi que ceux de la Norvège et du Royaume-Uni. L’objectif est de sceller une ambition commune : décupler le nombre d'éoliennes en mer du Nord pour en faire la "centrale énergétique verte" de l'Europe, un défi industriel colossal.

Ce qui est en jeu, c'est à la fois la transition énergétique et l'indépendance énergétique du continent. L'objectif est de faire d'une pierre deux coups. D'une part augmenter la part des renouvelables dans la production d'électricité européenne pour répondre aux enjeux du réchauffement climatique et d'autre part sortir de la dépendance énergétique à la Russie, en guerre avec l'Ukraine depuis plus d'un an. La mer du Nord apparaît, pour cela, comme le lieu idéal. Sa moitié sud est en effet peu profonde, seulement 50 mètres, ce qui permet d'implanter des éoliennes sur le fond marin. Et elle est balayée par beaucoup de vents, assez réguliers, ce qui promet une meilleure production d'électricité. C'est d’ailleurs en mer du Nord que le premier parc éolien offshore a vu le jour, en 1991.

La France à la traîne

Aujourd'hui, la capacité de production d'électricité y est de 30 gigawatts. Les Européens veulent la multiplier par 10, d'ici 2050. Pour l’heure, la France est plutôt en queue de classement. Elle n'a qu'un seul parc éolien offshore en fonctionnement, au large de Saint-Nazaire, sur la façade atlantique. Sa capacité de production est d'un-demi gigawatt. La France est donc loin derrière le Royaume-Uni et ses 14 gigawatts d'éolien en mer ou même de l'Allemagne. Pourtant, la France veut atteindre une capacité de 40 gigawatts d'ici 30 ans. Elle a déjà une quinzaine de projets d'éoliennes en mer, fixes ou flottantes, qui attendent d'être mises en service.

Mais développer les éoliennes offshore aussi rapidement, est-ce possible ? C'est toute la question. L'Union européenne s'est engagée à accélérer les procédures d'autorisation pour la construction des infrastructures. Bruxelles veut aussi alléger les règlementations pour les industries vertes. Mais il risque malgré tout d'y avoir des longueurs. Déjà, il faut trouver des financements pour ces projets. Ensuite, il faut des mains et des usines pour construire les éoliennes.

Augmenter la production 

Actuellement, l'équivalent de sept gigawatts sont construits dans l'Union européenne chaque année. Il faudrait en faire trois fois plus avec trois fois plus de personnel. Il faudra aussi que les fabricants des composants importés suivent la cadence. Et c'est compter sans les éventuelles oppositions des pêcheurs et des défenseurs de la biodiversité, comme on l'a vu récemment en Normandie avec les inquiétudes des pêcheurs de coquille Saint-Jacques. Enfin, dernier paramètre à prendre en compte : il faudra que le développement de l'éolien en mer reste une priorité pour les gouvernements successifs, jusqu'à 2050.

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