L’éolien en mer, une technologie prometteuse pour la France

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Pour combler le retard de la France, Emmanuel Macron a promis avant sa réélection d’accélérer le développement de l'éolien en mer, notamment en créant 50 parcs éoliens en mer d'ici à 2050.

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Radio France
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Installation d'une éolienne au large de Saint-Nazaire, le 12 avril 2022. (JEROME FOUQUET / MAXPPP)

La France détient la deuxième surface maritime mondiale avec ses 3 500 kilomètres de côtes et ses 11 millions de kilomètres carrés de zone maritime mais elle est pourtant à la traîne dans le domaine de l'éolien offshore, qu'il soit posé ou flottant. La première éolienne du futur parc de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, a été posée au large le 12 avril dernier et elle sera mise en service dans les prochains jours. A terme, le parc comptera 80 éoliennes et la commercialisation est prévue d'ici à la fin de l'année 2022.

1 000 tonnes chacune et 180 mètres de haut

Toutes ces éoliennes, de 1 000 tonnes chacune et 180 mètres de haut, seront localisées entre 12 et 20 kilomètres au large de Saint-Nazaire et du Croisic, sur une surface globale de 78 km² et à des profondeurs variant entre 12 et 25 mètres. Pour combler le retard de la France, Emmanuel Macron veut accélérer le processus avec la création de 50 parcs éoliens en mer d'ici à 2050. Le 14 mars dernier, Jean Castex a d'ailleurs annoncé le lancement de deux appels d'offres pour l'implantation de deux parcs d'éoliennes flottantes en Méditerranée à l'horizon 2030 : l'un au large de Port-la-Nouvelle dans l'Aude, l'autre au large de Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Le gouvernement espère ainsi porter la part des énergies renouvelables à 32% de la consommation énergétique française d'ici à 2030.

L'éolien flottant : plus loin, plus fort et plus constant

Une éolienne en mer peut être installée de deux façons. Elle peut être fixée sur une fondation qui repose sur les fonds marins (fondation dite "posée"), ou sur une fondation flottante, reliée simplement aux fonds marins par des lignes d'ancrage qui permettent de maintenir l'ensemble de la position. La France semble pencher aujourd'hui pour la deuxième solution. "C'est une technologie prometteuse", estime Sylvain Roche, enseignant chercheur à sciences Po Bordeaux et spécialiste des questions énergétiques. L'éolien flottant permet, explique-t-il, l'exploitation de l'énergie cinétique du vent dans des zones profondes où l'installation d'éoliennes "posées" n'est pas réalisable. Elles sont généralement installées plus loin des côtes, environ à 30 kilomètres au large, ce qui limite l'impact environnemental et qui permet aux éoliennes de capter des vents plus forts et plus constants.

A puissance comparable, le facteur de charge des éoliennes flottantes est beaucoup plus important, ce qui augmente l'énergie produite. Sylvain Roche estime également que le modèle économique est plus porteur car actuellement, même si on observe une domination du marché mondial par la Chine et la Grande-Bretagne, peu de pays exploitent cette technologie et elle peut donc représenter une fenêtre d'opportunités pour les industriels français.

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