Complément d'enquête, France 2

VIDEO. Complément d'enquête. Emploi : les musulmans sont discriminés en France

Après un reportage sur les discriminations raciales à l'embauche et au travail, Nicolas Poincaré recevait Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne, pour dévoiler les résultats d'une enquête exclusive sur ce thème, réalisée pour "Complément d'enquête".

Le 8 octobre, "Complément d'enquête" levait les tabous sur le mal-être au travail. Avec, en particulier, un reportage sur les discriminations raciales à l'embauche et au travail. C'est à la suite de celui-ci que Nicolas Poincaré recevait, dans les célèbres fauteuils rouges de l'émission, le directeur de l'Institut Montaigne. Laurent Bigorgne est venu révéler les résultats d'une grande enquête, réalisée en exclusivité pour le magazine.

Quelle est la méthodologie de ce testing ? "C'est une chercheuse, Marie-Anne Valfort, qui l'a mise au point avec la plus grande rigueur. Six mille deux cents CV ont été envoyés pendant près d'un an (avant les attentats de l'hiver 2015) à des entreprises, aux noms de Michel Haddad, Dov Haddad et Mohammed Haddad – soit un chrétien, un juif et un musulman, tous trois nés au Liban. Une différence non pas d'origine, mais de religion, 'marquée' dans le CV à travers un certain nombre de points."  

"Trouver du travail est plus difficile pour un musulman en France que pour un Noir aux Etats-Unis"

Le résultat ? "A parcours et diplômes égaux, Michel n'enverra que 4 CV, Dov 6, et Mohammed 20 avant de décrocher un rendez-vous. L'écart est choquant. Si on était dans le cas d'un Blanc et d'un Noir aux Etats-Unis, il serait moins fort. L'étude prouve donc qu'il est plus difficile de trouver du travail pour un musulman en France que pour un Noir aux Etats-Unis."

Et les solutions ? A part le plein-emploi, un système de bonus-malus pour les entreprises selon qu'elles embauchent ou non des salariés issus de la diversité ? "Stigmatiser les mauvais employeurs ne sert à rien, car ils changent rarement. Si cette étude avait été menée après les attentats de janvier 2015, les résultats seraient sans doute encore moins bons. Il y a des peurs, il y a du racisme ordinaire... Faire tomber les stéréotypes sera un combat de longue haleine, ça prendra du temps."