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Manifestation contre la réforme du Code du travail : les atermoiements des socialistes en quatre actes

Les divisions se multiplient, parmi les socialistes, sur la question de la mobilisation contre les ordonnances réformant le Code du travail. Manifesteront-ils aux côtés de la CGT, le 12 septembre ? Retour sur les indécisions du PS en quatre actes. 

Article rédigé par
Valentine Pasquesoone - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Le numéro 2 du Parti socialiste, Rachid Temal, auprès d'Isabelle This-Saint-Jean, d'Emmanuel Grégoire et de Karim Bouamrane, lors d'une conférence de presse le 27 août 2017, à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le Parti socialiste a enfin tranché, lundi 4 septembre. A l'issue d'un bureau national, rue de Solférino, le PS a annoncé son "soutien" à l'ensemble des initiatives syndicales contre la réforme du Code du travail. Sans, pour autant, appeler explicitement à manifester lors de la journée d'action du 12 septembre, lancée par la CGT et Solidaires contre ces ordonnances

La question de la participation à cette mobilisation a suscité de vifs débats – et révélé de profondes divisions – au sein du Parti socialiste. Des premiers appels d'élus à manifester jusqu'à la décision du bureau national, retour en quatre actes sur ces tergiversations. 

Acte 1 : des socialistes assurent qu'ils manifesteront

François Kalfon, conseiller régional d'Ile-de-France et membre de la direction collégiale du PS, est le premier à se prononcer en faveur d'une participation des socialistes le 12 septembre. "Il faut que nous assurions la mobilisation", lance-t-il dans L'Opinion, dès le 28 août. "Le Parti socialiste sera le 12 septembre aux côtés des salariés." 

"Le 12 septembre, nous participerons à la manifestation", assure le même jour le maire d'Alfortville (Val-de-Marne) et député socialiste Luc Carvounas, précise Le Lab d'Europe 1. Quelques jours plus tard, l'élu réitère son opposition à la réforme du Code du travail sur Twitter. 

Acte 2 : le chef des députés socialistes annonce qu'ils n'iront pas

Mais vendredi, le président du groupe Nouvelle Gauche (ex-PS) à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, assure que le parti ne participera pas aux différentes journées de mobilisations. "Le Parti socialiste n'appellera pas à manifester le 12 et le 23 septembre [à l'appel de La France insoumise]", affirme-t-il lors d'une conférence de presse, rapporte Le Lab d'Europe 1"Ce sont des organisations syndicales et un mouvement politique qui [en] sont à l'initiative", argue le chef des députés socialistes. 

Les réactions ne tardent pas au sein du PS. Quelques heures après la déclaration d'Olivier Faure, le numéro 2 du parti, Rachid Temal, rappelle qu'une décision collective et définitive sera prise lors d'un bureau national, prévu le 4 septembre. "Si ça ne dérange personne, on parlera et on décidera de tout ça au bureau national du PS lundi", poursuit François Lamy, cité par Les Echos.

Le député des Landes Boris Vallaud emboîte le pas à Olivier Faure, deux jours plus tard. "Le 12 septembre, c'est une manifestation syndicale qui n'est pas unitaire, le 23 septembre c'est une manifestation d'un parti politique qui n'est pas le mien", réagit l'élu socialiste au "Grand rendez-vous" Europe 1, Les Echos et Cnews, dimanche. "Je serai au Parlement" et non dans la rue, assure le député. 

Acte 3 : Benoît Hamon et les Jeunes Socialistes répondent présents 

Quelques heures après la déclaration d'Olivier Faure, François Kalfon réitère ses propos sur Twitter. Régis Juanico, député de la Loire, répond lui aussi présent pour le 12 septembre, précise L'Express. Idem pour le député européen Emmanuel Maurel. "On a des ordonnances qui remettent profondément en cause le modèle social auquel nous sommes très attachés", martèle-t-il auprès d'Europe 1

Samedi, c'est au tour du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), réuni en bureau national, d'annoncer sa participation à la manifestation du 12 septembre, votée "à l'unanimité".

Deux jours plus tard, le Mouvement du 1er juillet (M1717), fondé par Benoît Hamon, enfonce le clou en annonçant sa présence dans la rue aux côtés de la CGT. "Le mouvement sera présent, on ne peut pas dire qui, quand, comment, mais il n'y a pas de raison que Benoît Hamon n'y aille pas", affirme le député européen Guillaume Balas, proche de l'ancien candidat à la présidentielle, à l'AFP. Le mouvement pourrait même participer à la manifestation du 23 septembre, organisée par La France insoumise

Acte 4 : le PS "soutient" les manifestations, mais n'appelle pas directement à y aller

Lundi soir, le bureau national du Parti socialiste a finalement décidé... sans tout à fait trancher. Selon le numéro deux Rachid Temal, les dirigeants du parti se sont prononcés "à l'unanimité pour le retrait des ordonnances Macron-Pénicaud" et ont exprimé leur "soutien" aux mobilisations syndicales, "en mettant l'accent sur l'aspect unitaire".

Mais les socialistes défileront-ils le 12 septembre ? Lors du bureau national, le parti n'a pas tranché cette question, soulignant ne pas être "co-initiateur de la manifestation". Comme le précise Le Lab d'Europe 1, le PS va en fait inciter ses fédérations "à mener des actions de mobilisation" et "éditer un tract national contre la loi Pénicaud", qui sera diffusé dans les prochains jours. Sans, toutefois, appeler clairement à descendre dans la rue.

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